Au Cameroun, le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE) aura lieu en 2026 pour un coût estimé à 13,282 milliards de FCFA. Le 12 août 2025, cette information a été révélée par Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, lors d’une réunion présidée à Yaoundé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute.
Les deux opérations seront financées conjointement à hauteur de 7 milliards FCFA par le Projet d’harmonisation des informations statistiques en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, soutenu par la Banque mondiale. Le reste, soit 6,3 milliards FCFA, sera supporté par l’Etat du Cameroun dans son budget de l'exercice en cours. « S’agissant de la mobilisation des fonds, tout est bouclé. Les besoins sont connus, les sources de financements ont identifiées. Il est juste question de procéder au décaissement. Le recensement, le dénombrement devrait avoir lieu en début d’année 2026 », rassure Paul Tasong.
Notons que le Cameroun a effectué jusqu’à présent trois recensements généraux de la population et de l’habitat, respectivement en 1976, 1987 et 2005. Le quatrième, institué par décret présidentiel le 15 septembre 2015, est toujours en attente. Pourtant, en mars 2023, André Mbairano Dji, le coordonnateur du 4e RGPH, prévoyait le début des opérations entre novembre et décembre de la même année. Le Bureau central des recensements et des études de population (Bucrep), en charge du projet, avait même annoncé le recrutement de plus de 30 000 agents recenseurs.
Le recensement semble avoir pris du retard à cause de deux éléments fondamentaux. Le premier serait lié à la crise sécuritaire qui persiste dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La preuve, dans une interview accordée au média à capitaux publics Cameroon Tribune en mars 2023, André Mbairano Dji faisait remarquer que, lorsqu’il «y a insécurité, ce n’est pas évident de réaliser sereinement le recensement qui, pour cette année, sera mutualisé ».
Le second goulot d’étranglement pourrait être attribué au manque de financements dans la mesure où, au terme d’un Conseil de Cabinet présidé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute le 28 mars 2024, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, avait indiqué que sur un budget prévisionnel de 64 milliards de FCFA, le pays avait déjà mobilisé seulement 42 milliards, laissant un écart de 22 milliards de FCFA à combler.
En fin de compte, le double récemment devrait coûter cinq fois moins que l’estimation initialement faite par le membre du gouvernement il y a plus d’un an. Le recensement demeure donc un outil essentiel de souveraineté qui permet d’avoir en plus d’une meilleure connaissance de la population, de sa répartition géographique, de ses conditions de vie, ses besoins (potentiel agricole, eau potable, électricité, éducation, etc.) mais aussi, de pouvoir faire des projections pour ce qui est des politiques de développement dans l’ensemble. « Sans données fiables et à jour, il est hasardeux de bâtir un développement durable et inclusif », a précisé, Tahir Hamid Nguilin, le ministre tchadien des Finances, du Budget, de l’Économie et de la Coopération internationale, lors du lancement du troisième recensement de son pays en avril 2025.
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