La course à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) s’intensifie, et la Mauritanie multiplie les démarches diplomatiques pour pousser son candidat, Sidi Ould Tah, à la victoire. Après avoir dirigé la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), ce dernier se positionne comme un prétendant sérieux à la succession du Nigérian Akinwumi Adesina, dont le mandat s’achève cette année. Dans ce cadre, le ministre mauritanien de l’Économie et des Finances, Sid’Ahmed Ould Bouh, a rencontré, le 13 mars 2025 à Oyo, le président congolais Denis Sassou Nguesso, afin de solliciter l’appui de son pays.
Lire aussi : Election à la présidence de la BAD : une ex-candidate apporte son soutien à Sidi Ould Tah
Cette démarche intervient alors que la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) dont le Congo fait partie des Etats membres, soutient officiellement un candidat régional, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli, ancien gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). La candidature de Sidi Ould Tah vise ainsi à fragmenter les soutiens potentiels de la Cemac, qui ne pèse que 2,41% du capital de la BAD. Un chiffre relativement faible, mais qui reste déterminant dans une élection où les jeux d’alliances sont essentiels.
L’intérêt croissant des candidats pour la Cemac traduit en effet l’importance stratégique de ses six États membres, malgré leur faible poids financier au sein de la BAD. Après le Sénégalais Amadou Hott, qui a également sollicité un soutien dans la région, Sidi Ould Tah est le deuxième candidat à tenter de séduire les dirigeants de cet espace économique composé du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de la RCA et du Tchad. Cette situation pourrait affaiblir la position d’Abbas Mahamat Tolli, qui mise sur une solidarité régionale pour renforcer ses chances. Alors que, lors d’une réunion tenue le 9 mars 2024 à Sipopo (Guinée Equatoriale), la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (Ceeac), qui englobe la Cemac ainsi que le Rwanda, l’Angola, Sao Tomé-et-Principe et le Burundi, a pris position en faveur de l’ex-patron de la BEAC.
Lire aussi : Présidence de la BAD : Oligui Nguema apporte son soutien à Amadou Hott le candidat du Sénégal
Pour mémoire, l’élection du prochain président de la BAD, prévue pour le 29 mai 2025, s’annonce particulièrement serrée avec cinq candidats en lice. Outre Sidi Ould Tah, Abbas Mahamat Tolli et Amadou Hott, la compétition inclut également la Sud-africaine Bajabulile Swazi Tshabalala, ancienne vice-présidente principale de la BAD, et le Zambien Dr Samuel Munzele Maimbo, haut cadre de la Banque mondiale.
Lire aussi : Présidence de la BAD : Abbas Mahamat Tolli dévoile ses ambitions










