Le président de la République centrafricaine (RCA), Faustin Archange Touadéra, a entamé le 1er mars 2026 sa première visite officielle internationale en Russie depuis sa réélection, afin de rencontrer son homologue Vladimir Poutine, avant même son investiture prévue le 30 mars. Peu avant son départ de l’aéroport de Bangui M’Poko, son émissaire diplomatique à Moscou a dévoilé l’un des axes majeurs de cette rencontre dans une interview accordée à l’agence de presse russe RIA Novosti. « Ils discuteront notamment de la construction d’une petite centrale nucléaire en RCA », a déclaré l’ambassadeur centrafricain en Russie, Léon Dodonu-Punagaza.
En réalité, le projet n’est pas inédit pour ce pays enclavé, parmi les plus exposés au déficit énergétique de la zone CEMAC. Selon la Banque mondiale, le taux d’électrification s’établit à environ 35 % à Bangui, contre 8 % dans les provinces et à peine 2 % dans les zones rurales. L’ambassadeur a par ailleurs rappelé que la République centrafricaine dispose d’importantes réserves d’uranium. « Après le départ de la compagnie française Areva du pays, Rosatom a initié la construction d’une mini-centrale nucléaire pour accélérer le développement économique. Selon des experts de Rosatom, la construction d’une telle installation prend au moins dix ans. Les discussions sur ce projet reprennent lors de cette visite du président Faustin Archange Touadéra à Moscou », a-t-il précisé.
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À ce stade, les discussions restent exploratoires et les réserves d’uranium demeurent à confirmer à l’échelle industrielle. Néanmoins, le projet est présenté par Bangui comme un levier structurant pour améliorer l’accès à l’électricité et soutenir la relance économique. Dans un contexte de croissance démographique et de retour progressif à la paix, la demande en énergie devrait augmenter significativement. Le nucléaire, source bas carbone et pilotable, offrirait une diversification du mix énergétique, aujourd’hui largement dépendant de l’hydroélectricité et des générateurs thermiques.
Ce dossier s’inscrit toutefois dans un historique sensible. L’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma, dans le Mbomou, au sud-est du pays, avait été confiée au français Areva après le rachat en 2007 de la société sud-africaine UraMin. Les travaux, lancés en octobre 2006 sous la présidence de François Bozizé, n’ont jamais abouti à une exploitation effective. En octobre 2012, l’annonce du report du projet à l’horizon 2033 avait provoqué des manifestations à Bangui, notamment à l’initiative du Conseil national de la jeunesse. Accusée de manquements en matière sociale et environnementale, l’entreprise française s’était finalement retirée. En synthèse, la relance des discussions avec Moscou marque une tentative de repositionnement stratégique de Bangui dans le nucléaire civil.
Rappelons qu’en parallèle, la RCA poursuit un programme de développement solaire et hydroélectrique, avec l’appui de la Banque mondiale, visant à porter le taux d’électrification à 50 % d’ici 2030.
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