En République centrafricaine, le gouvernement vient de franchir un pas de plus vers la mise en place d’un modèle de régulation des marchés des télécommunications capable de concilier le pouvoir d'achat des consommateurs et les intérêts des opérateurs. Le 10 avril, le Premier ministre Félix Moloua a réceptionné, pour le compte de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la Poste (ARCEP), des équipements de gestion automatisée et de contrôle du spectre, ainsi que des outils de suivi de la qualité de service (QoS). Ces équipements doivent permettre à l’ARCEP d’optimiser ses missions de régulation et de contrôle des opérateurs télécoms actifs dans le pays.
Ce lot, d’une valeur de 1 milliard de FCFA, a été acquis dans le cadre du Projet de gouvernance numérique du secteur public, mis en œuvre par le ministère des Finances et du Budget avec le soutien financier de la Banque mondiale. L’ARCEP, souvent accusée par la société civile de rester « impuissante face aux sociétés de télécommunications qui se font du beurre dans le dos des consommateurs », se dote ainsi d’outils technologiques permettant de mieux exercer son rôle de gendarme du secteur.
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L’Autorité pourra désormais contrôler le respect par les trois opérateurs mobiles actifs dans le pays de leurs engagements de couverture réseau, suivre les principaux indicateurs du marché et mesurer la qualité et la disponibilité des services offerts. L’arrivée de ces équipements modernes a été précédée, à Bangui, de formations et de sessions de renforcement des capacités, à destination des agents de l’ARCEP et du ministère des Télécommunications et de l’Économie numérique. Ces formations portaient notamment sur l’installation et le déploiement des infrastructures, les cadres juridiques et réglementaires, et l’opérationnalisation de l’observatoire du marché.
Le Premier ministre a précisé que les équipements reçus doivent aussi permettre à l’ARCEP de contrôler les flux de communications dans le pays et de contribuer à la mobilisation de ressources pour l’État, dans un contexte de digitalisation croissante de l’administration et des finances publiques. Une antenne sera d’ailleurs installée sur le toit de la Primature afin de permettre à la RCA de scanner l’ensemble des bandes de fréquences.
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Malgré l’introduction de la 4G en 2024, le secteur centrafricain des télécommunications reste confronté à des difficultés structurelles : qualité de service médiocre, régulation inefficace, et tarifs élevés. Ce dernier point est souvent source de mécontentement chez les usagers, qui soupçonnent une entente tacite entre les trois opérateurs — Telecel, Moov Africa et Orange — pour maintenir les prix artificiellement élevés. Face à ces critiques, le gouvernement a entrepris plusieurs actions pour améliorer la situation.
Le 4 octobre 2024, l’ARCEP a lancé un avis à manifestation d’intérêt pour réaliser un audit des coûts des produits et services sur les réseaux des opérateurs. Six mois plus tard, le consultant n’a toujours pas été sélectionné, mais son mandat est clair : auditer les coûts sur les réseaux des opérateurs de téléphonie fixe et mobile, ainsi que sur l’infrastructure de fibre optique exploitée par MTN Bahobab, et proposer un modèle de régulation des marchés de gros (interconnexion et accès), conciliant pouvoir d’achat des consommateurs, viabilité économique des opérateurs et sécurisation des recettes fiscales issues du secteur.
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