Selon les experts du Crédit foncier, les fonds disponibles couvrent à peine 10% de la demande qui est sans cesse croissantePourquoi le Crédit Foncier du Cameroun? La réponse à cette interrogation trouve très peu de réponses auprès des autorités compétentes. Mais, l’on se souvient qu’au cours d’une session de formation de ses cadres par des experts de la Cobac, le régulateur du secteur bancaire dans la zone Cemac, Jean Paul Missi, le DG de cette institution financière avait déploré le fait que, «Les usagers ne comprennent malheureusement pas l’importance de rembourser les crédits». Cette situation est d’autant plus préjudiciable à la conduite des missions du Crédit foncier du Cameroun que, fait remarquer M. Missi, «si un crédit n’est pas remboursé, il est difficile d’en octroyer à un autre usager et d’appliquer efficacement la politique de l’habitat social». Selon les experts du Crédit foncier, les fonds disponibles couvrent à peine 10% de la demande qui est sans cesse croissante. Ce constat vient d’être fait au sortir d’un colloque de deux jours sur le financement de l’immobilier, au cours duquel, les contraintes environnementales et la compétence des professionnels ont également été cités parmi les freins à la production massive de logements au Cameroun. Après 38 années d’existence, le Crédit foncier du Cameroun avait octroyé des crédits d’un montant total de 261 milliards de FCFA. Ce qui a permis de construire 69 500 logements et d’aménager plus de 15 700 parcelles constructibles. Le déficit en logements sociaux dans le pays est, quant à lui, officiellement estimé à 1,3 million d’unités. Pour essayer d’être compétitif, le Crédit foncier du Cameroun a confié, en 2015, au groupe Foyo, un cabinet qui offre des services financiers au Canada, le statut de bureau de représentation, afin d’intéresser les membres de la diaspora camerounaise vivant au Canada, aux produits de la banque publique de l’habitat. C’est dans cette optique qu’une délégation du CFC, conduite par son directeur général, Jean Paul Missi, a donné une conférence le 19 mai 2015 à Montréal, afin de rassurer la diaspora camerounaise sur l’existence du partenariat avec le groupe Foyo, de même qu’il a présenté les missions du Crédit foncier, qui se résument à la mise en place de produits devant faciliter aux Camerounais l’accès à un logement décent.
Plaidoyer : en attendant un fonds spécial pour l’habitat
Au terme d’un atelier de renforcement des capacités, organisé par le ministère de l'Habitat et du Développement urbain (Minhdu) à leur intention, il y a quelques jours à Yaoundé, les promoteurs immobiliers privés du Cameroun ont plaidé pour la mise en place d'un fonds spécial dédié au financement de l'habitat social et d'agences d'habitat pour appuyer le montage de projets immobiliers. Ces opérateurs économiques ont aussi plaidé pour la simplification des procédures, non seulement pour l'octroi des crédits par le Crédit foncier du Cameroun, mais aussi pour l'acquisition foncière et l'octroi de facilités aux opérateurs du secteur, à travers l'accélération et la finalisation de la réforme foncière en cours.Une mission d’enquête « a évalué à 90,4 milliards de FCFA le total du déficit financier », enregistré au Crédit foncier du Cameroun (CFC) sur une période allant de 2002 à 2011, écrit l’organe chargé de lutter contre la corruption.








