Un nouveau rebondissement secoue l’affaire de l’eau Perrier, sous le poids des soupçons de contamination depuis 2024. En France, la préfecture du Gard a sommé, mercredi 7 mai, le géant Suisse Nestlé Waters de retirer sous deux mois son système de microfiltration non conforme utilisé pour la production de l'eau Perrier à Vergèze. Une injonction similaire a été émise pour les sources Contrex et Hépar, situées dans les Vosges, au nord du pays.
L’Élysée impliquée dans la validation d'un traitement interdit
Cette mise en demeure de l’administration intervient dans un contexte préoccupant. En effet, un document confidentiel de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses), révélé en avril dernier, faisait état d'une contamination d'origine fécale, avec la présence de bactéries, pesticides et PFAS dans les sources exploitées par Nestlé en France. L'utilisation par Nestlé Waters d'une microfiltration à 0,2 micron, jugée nécessaire par le groupe pour la sécurité alimentaire, est considérée comme non conforme à la réglementation. Celle-ci n'autorise que des traitements pour retirer des éléments instables sans altérer l'ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons, etc.) naturel de l'eau. Selon des révélations de presse, ce dispositif avait été mis en place avec la validation de l'exécutif – gouvernement et Élysée – début décembre 2024, en remplacement de traitements interdits (ultraviolets et charbon actif) que Nestlé avait reconnu avoir utilisés par le passé.
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Cependant, malgré de graves suspicions de contamination fécale et l'ordre de cesser un traitement de purification jugé illicite, l'eau minérale Perrier continue d'être commercialisée au Cameroun, où son prix a connu une envolée spectaculaire. Cette crise sanitaire n'a pas entraîné de retrait ; au contraire, les prix ont grimpé en flèche, le litre passant de 1 500 à 4 000 FCFA et le pack de 12 bouteilles de 500 ml atteignant jusqu'à 26 240 FCFA. Cette inflation inexpliquée des distributeurs suggère une possible spéculation en pleine crise.
Pour rappel, en France, un rapporteur socialiste, Alexandre Ouizille, a vivement critiqué la validation par le gouvernement du plan de transformation de Nestlé Waters, estimant que l'exécutif s'était placé « en marge de la légalité ». Une commission d'enquête sénatoriale doit publier ses conclusions le 19 mai prochain sur cette affaire, qui menace l'appellation « eau minérale naturelle » pour Perrier et d'autres marques du groupe, soulevant de sérieuses questions sur la gestion de la sécurité sanitaire des eaux en bouteille. Pendant ce temps, le marché camerounais observe la situation, illustrant une inertie face à ces préoccupations de santé publique.
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