Le processus de désengagement du groupe français Geocoton du capital de la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton) touche à sa fin. Selon des sources internes, l’État camerounais a d’ores et déjà validé cette cession, qui profite aux acteurs locaux du secteur cotonnier, notamment à la Sodecoton elle-même, aux producteurs de coton regroupés au sein de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C) et au personnel de l’entreprise.
Cette opération permet à la Sodecoton, déjà actionnaire majoritaire avec 59 % des parts, de renforcer son emprise dans l'actionnariat de l'entreprise. La CNPC-C acquiert plus de 12 % des parts, tandis que le personnel de la Sodecoton fait une entrée remarquée au capital avec une participation de 2,5 %, marquant une ouverture inédite dans la structure actionnariale de l’entreprise. Par ailleurs, la Société mobilière d’investissement du Cameroun (Smic), dirigée par Baba Danpullo, conserve ses 11 %.
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Contactée, la CNPC-C, qui fédère plus de 200 000 producteurs, estime que cette prise de participation leur offrira enfin une voix au chapitre dans la gouvernance de l’entreprise. Elle entend jouer un rôle plus actif dans la gestion, la définition des orientations stratégiques et pourquoi pas bénéficier des dividendes. Depuis plusieurs années, la confédération plaidait pour une meilleure représentation des producteurs au sein de la Sodecoton, regrettant que l’entreprise soit jusqu’ici « la seule société cotonnière en Afrique où les producteurs sont exclus du conseil d’administration ». L’entrée des cotonculteurs au capital, via la CNPC-C, marque ainsi l’aboutissement d’un combat de longue date pour une gouvernance plus inclusive du secteur. Avec cette redistribution du capital, la Sodecoton amorce une nouvelle ère, marquée par une implication renforcée des acteurs nationaux et une prise en main locale d’un secteur essentiel à l’économie du pays. En 2023, la société étatique revendiquait une 314 455 tonnes d’or blanc et ambitionne de porter la production du coton au Cameroun à 600 000 tonnes en 2025.
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Si le montant exact du rachat des parts de Geocoton n’a pas encore été officiellement communiqué, le groupe français avait estimé ses actifs dans la Sodecoton à environ 32 milliards de FCFA. Cette sortie signe la fin de l’aventure française au sein de l’entreprise camerounaise, après près d’une décennie de présence et une tentative avortée de prise de contrôle en 2019.
Un actif stratégique dans le viseur de l’État
Ce retrait intervient alors que la Sodecoton est pressentie pour une introduction en Bourse, aux côtés d’autres entreprises publiques telles qu’Aéroports du Cameroun (ADC), Cameroon Hotels Company (CHC, gestionnaire de l’hôtel Hilton de Yaoundé) et le Port autonome de Douala (PAD). Considérée comme un levier stratégique pour l’économie camerounaise, l’entreprise représente un enjeu majeur pour l’État, qui renforcer son contrôle sur un secteur vital pour l’agriculture nationale. Alors que la validation de la cession par l’État est désormais actée, un conseil d’administration de la Sodecoton pourrait être convoqué d’ici la fin du mois, selon certaines indiscrétions, afin de finaliser les modalités de l’opération et Peut-être officialiser le transfert des actions vers les nouveaux acteurs locaux.

