Le géant du tabac dans le monde, British american tobacco (BAT) a annoncé ce lundi 29 juin 2026, depuis Londres – capitale de la Grande-Bretagne, son siège – une restructuration, qu'il procède de la réduction de ses effectifs, hors États-Unis, de près de 20 %. Ce plan de dégraissage, qui concerne environ 47 000 collaborateurs parmi lesquels ceux du Cameroun, seul pays d'opération de la société dans la Zone de la Communauté économique et monétaire des États de l'Afrique centrale (Cemac).
Ainsi, 5 500 emplois directs seront supprimés et 3 500 autres externalisés d'ici la fin de l'année. « Ces changements touchent nombre de nos collègues et nous nous attachons à les accompagner avec soin et respect tout au long de cette transition, tout en préparant l’entreprise pour l’avenir », a déclaré le directeur général, Tadeu Marroco, dans un communiqué.
Cette mesure s'explique, selon l’entreprise, par la nécessité de compenser la baisse structurelle de la demande de cigarettes traditionnelles au profit des alternatives à la nicotine « sans fumée » (Vuse, Velo). À titre d’illustration, les volumes mondiaux affichent un recul de 2 % pour la seule année 2026. Pour financer ce virage et l'automatisation par l'intelligence artificielle, l'industriel vise 600 millions de Livres Sterling (environ 465 milliards de FCFA) d'économies annuelles d'ici 2028. Le groupe a d'ores et déjà confié à des prestataires comme Accenture ou Systems Ltd la reprise de plusieurs de ses fonctions supports à travers le monde.
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Contactée pour connaître l'état de santé de la filiale camerounaise ainsi que le volume exact de postes potentiellement ciblés localement, la direction n'a souhaité répondre. Toutefois, selon une source proche du dossier, la filiale, déjà confrontée à des difficultés structurelles, figurerait en bonne place sur la liste de repli de l’entreprise britannique.
Concrètement, cette annonce survient dans un contexte tendu au Cameroun. En effet, depuis 2024, l’entité est particulièrement au cœur d’un lourd litige politico-foncier l'ayant dépossédée de son site historique de 4 hectares au quartier Bastos et dont la décision finale reste en arbitrage. Un peu plus tôt (2007), BAT avait fermé ses chaînes de production de Yaoundé pour se muer en simple entité d'importation et de distribution. Dans le pays, la réduction des effectifs directs risque d'impacter un réseau de 16 000 acteurs locaux de la distribution qui dépendent de sa chaîne de valeur.
De manière générale, cette coupe d'effectifs pourrait accélérer le processus de désengagement progressif déjà amorcé par le groupe sur le continent africain, marqué notamment par la fermeture, en janvier dernier, de sa huitième plus grande usine située en Afrique du Sud.
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