Au Tchad, l’armée soudanaise menace de frapper les aéroports de N’Djamena et d’Amdjarass. N’Djamena étant la principale ouverture internationale du pays. Le dimanche 23 mars, Yasser al-Atta, commandant en chef adjoint des forces armées soudanaises, a affirmé sur la chaîne de télévision arabe Al Jazeera que ces infrastructures sont des «cibles légitimes» pour leurs forces. Cette escalade militaire fait suite à des accusations du gouvernement de Khartoum de soutien tchadien aux forces de soutien rapide (FSR), soudanaises, ennemies du pouvoir en place. « Nous avertissons que les aéroports de N'Djamena et d'Amdjarass sont des cibles légitimes pour nos forces », a-t-il déclaré, attisant les craintes d'une escalade militaire imminente.
Le Tchad ne se laissera pas intimider
Ces menaces, proférées par le chef de guerre soudanais, ont aussitôt jeté un froid glacial dans le pays de Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Face à ces provocations, le Tchad a réagi avec une fermeté sans équivoque. « Si un seul centimètre carré du territoire tchadien est menacé, le Tchad répondra conformément aux principes du droit international », a averti le Ministère des Affaires Étrangères dans un communiqué. Le pays, qui accuse le Soudan d’avoir, par le passé, orchestré des rébellions et soutenu le groupe Boko Haram, affirme avoir toujours privilégié la voie diplomatique, et se dit prêt à riposter avec vigueur en cas d'agression.
Une économie régionale sous la menace
Au-delà des enjeux sécuritaires, les menaces de guerre du Soudan font planer une lourde incertitude sur l'économie de la sous-région, déjà fragilisée par le conflit soudanais. Les perturbations potentielles sont multiples : paralysie des échanges commerciaux, crise humanitaire aggravée et instabilité régionale. Le Tchad, pays enclavé, dépend fortement de ses voisins pour ses échanges commerciaux, notamment le Cameroun, le Nigeria, le Niger et la Libye. Une fermeture des frontières avec le Soudan entraînerait une interruption des flux commerciaux, affectant gravement l'approvisionnement en biens essentiels et les exportations, avec des risques de hausse des prix des produits de consommation et de perturbation des chaînes d'approvisionnement.
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De même, un conflit armé provoquerait un nouvel afflux de réfugiés vers le Tchad, qui accueille déjà plus de 763 000 Soudanais fuyant les combats, selon le dernier recensement du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à la date du 28 février 2025. Cette crise humanitaire pèserait lourdement sur les ressources du pays, estimées à plusieurs millions de dollars, et déstabiliserait toute la région.
Par ailleurs, une guerre entre le Tchad et le Soudan risquerait de décourager les investissements étrangers, déjà en baisse de 20% depuis le début du conflit soudanais, et d'entraver le développement de projets économiques importants, notamment dans le secteur pétrolier. Les pays voisins, déjà confrontés à des défis sécuritaires et économiques, seraient implicitement touchés, avec des risques de contagion de l'instabilité et de ralentissement de leur croissance économique.
Appel à la désescalade
Face à cette situation explosive, le Tchad appelle à une cessation immédiate des hostilités et à un dialogue constructif. « Au lieu de proférer des menaces insensées, le Général Al-Atta et les autres acteurs du conflit soudanais doivent impérativement se concentrer sur l'urgence d'une cessation immédiate des hostilités », a insisté le Ministère des Affaires Étrangères. Selon des experts du droit international, notamment ceux travaillant au sein d'organisations tel que l'ONU, à ce stade du conflit, la communauté internationale devrait redoubler d'efforts pour favoriser une résolution pacifique du conflit et éviter une catastrophe humanitaire et économique majeure dans la région.





