Le Pacte pour l'eau du Tchad, a expliqué le chef de l'État tchadien dans son discours d'ouverture du Forum africain de l'eau, qui se tient depuis le 15 juillet 2026 à N'Djamena, est « un engagement stratégique visant à garantir la sécurité hydrique et alimentaire du pays », a déclaré Mahamat Idriss Déby Itno. Évalué à 3,8 milliards de dollars sur cinq ans (environ 2 172 milliards de FCFA au taux de change actuel), ce programme prévoit le développement de l'irrigation, des infrastructures hydrauliques et de la résilience climatique. Selon le président tchadien, 20 % du financement, soit plus de 430 milliards de FCFA, seront assurés par les ressources nationales.
Ce pacte s'inscrit dans l'initiative des Pactes nationaux pour l'eau portée par la Banque mondiale. Il a été placé au cœur des discussions du Forum africain de l'eau, qui s'achève ce 16 juillet à N'Djamena, où les autorités tchadiennes ont appelé les bailleurs internationaux à accélérer la mobilisation des financements. D'où la présence de Anna Bjerde, directrice générale des Opérations du Groupe de la Banque mondiale.
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Les besoins en eau sont immenses et constituent un défi majeur. Le pays nécessite des investissements massifs (estimés à 2,9 milliards de dollars soit 1 657 milliards de FCFA) pour atteindre l'accès universel à l'eau potable d'ici 2030. Actuellement et selon des sources crédibles, si le taux national est d'environ 63 %, des provinces comme le Guéra ou le Wadi Fira ne dépassent pas 10 à 21 % de couverture.
Extrême nécessité
Selon un Rapport de la Banque africaine de développement (BAD) en date de 2024 sur « la réalisation de la notice d’impact environnemental pour la construction de poste autonome d’eau de 10 m3avec réseau d’approvisionnement à Daboua », le pays de Mahamat Idriss Deby Itno fait face à une forte disparité entre les zones urbaines et rurales. De nombreuses communautés doivent puiser leur eau dans des mares et marigots contaminés. Cette pénurie est accentuée par la vulnérabilité du bassin du Lac Tchad, dont le volume d'eau a considérablement diminué, impactant directement l'agriculture, l'élevage et l'écosystème local.
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Les Pactes nationaux pour l'eau constituent l'un des piliers de la coalition Water Forward. Ils reposent sur des plans d'action pilotés par les gouvernements, combinant réformes, renforcement institutionnel et programmation des investissements afin de créer un environnement favorable aux financements publics et privés. « Nous devons transformer nos stratégies nationales, nos « Pactes nationaux pour l’Eau », en projets solidement bancables », a lancé le président tchadien, à la tribune du Forum africain de l’eau.
Partenaires financiers
Le chef de l'État tchadien en est convaincu : « L'eau ne doit pas être un luxe, mais un droit fondamental pour chaque être humain, animal et végétal. » Au-delà de la portée politique, Mahamat Idriss Déby Itno défend une lecture économique de cet enjeu. « Lorsque l'eau abonde, l'hygiène s'améliore, le bétail se multiplie, les récoltes augmentent, la cohésion s'installe et le développement s'amorce. En bref, l'eau, c'est la vie », a-t-il affirmé.
Cet appel avait déjà trouvé un premier écho auprès de la Banque mondiale. En juin dernier, l'institution de Bretton Woods a approuvé un financement de 160 millions de dollars (environ 91,5 milliards de FCFA) destiné à améliorer l'accès à l'eau potable et à renforcer la résilience climatique dans les provinces les plus vulnérables du Tchad, notamment celles qui accueillent plus de 1,3 million de réfugiés soudanais.
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Dans le cadre de cette stratégie, le Tchad peut également compter sur d'autres partenaires. En novembre 2025, le gouvernement du « pays de Toumaï » avait présenté à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, son programme national de développement du secteur de l'eau. À l'issue de cette rencontre, plus de 20 milliards de dollars (près de 11 434 milliards de FCFA) d'engagements avaient été annoncés par différents partenaires. Depuis, les autorités poursuivent les discussions avec les bailleurs, parmi lesquels la Banque mondiale, l'Agence française de développement (AFD), l'Union européenne et le Programme alimentaire mondial (PAM), afin de financer les infrastructures hydrauliques et de renforcer la résilience du pays face aux effets du changement climatique.



