Le 20 septembre 2025, à Shanghai, la République du Tchad et la China National Oil & Gas Exploration and Development Company Ltd (CNPCIC) ont signé de nouveaux accords de vente de pétrole brut d’une durée de trois ans. Ces textes portent sur la révision du Contrat de Partage de Production (COSA) et du protocole d’accord à cinq parties (MOU). « Cet aboutissement couronne près de 21 mois de discussions intensives et constructives », a déclaré Ndolenodji Alixe Naïmbaye, Ministre du Pétrole, des Mines et de la Géologie, à l’issue des négociations.
Ce nouvel accord survient dans un contexte de contestation dans le secteur pétrolier tchadien, marqué par des tensions entre CNPCIC et ses employés locaux. Ces derniers dénoncent depuis plusieurs mois des disparités de traitement avec leurs collègues expatriés, certains percevant jusqu’à 618 dollars par jour, soit près de 346 000 FCFA, contre des montants nettement inférieurs pour les nationaux occupant des postes similaires. Ces revendications, qui ont conduit à un préavis de grève et à une baisse partielle de la production, traduisent un malaise social auquel le gouvernement tente d’apporter des solutions durables par la renégociation des accords.
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L’accord vise aussi à renforcer la gouvernance et la performance de la raffinerie de Djermaya, infrastructure stratégique construite avec CNPCIC et dotée d’une capacité installée de 20 000 barils par jour. Cette installation, qui fonctionne en deçà de ses capacités nominales, selon les autorités tchadiennes, doit bénéficier d’ajustements techniques et organisationnels pour se rapprocher de ses objectifs initiaux. Pour N’Djamena, il s’agit également d’assurer un approvisionnement plus régulier du marché national en produits pétroliers, dans un contexte marqué par des tensions sociales mais aussi par des difficultés persistantes d’approvisionnement en carburant.
Les nouvelles clauses devraient permettre d’améliorer la rentabilité des investissements et de mieux encadrer les opérations d’exportation. Elles prévoient aussi une prise en compte accrue du contenu local et une participation plus affirmée des structures nationales comme la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), la Société de Raffinage de N’Djamena (NRC) et l’Autorité de Régulation du Secteur Pétrolier Aval (ARSAT). Le gouvernement tchadien attend de ce partenariat un effet direct sur les recettes pétrolières et une réduction des tensions sociales liées à l’emploi et à la redistribution des bénéfices.
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CNPCIC est aujourd’hui le premier producteur d’or noir du Tchad devant Perenco. La compagnie exploite notamment le « Block H » dans le bassin de Bongor, ainsi que les champs de Daniela et Prosopis situés dans le Permis H / Bongor West. Le champ de Daniela, opéré avec la SHT, représente à lui seul près de 39 % de la production nationale sur une production totale estimée à 127 000 barils par jour, tandis que le champ Prosopis contribue à environ 3 %. L’accord signé à Shanghai s’inscrit dans la continuité d’un partenariat établi depuis l’entrée de CNPCIC au Tchad à travers l’acquisition des parts d’ExxonMobil dans le Block H, avec pour ambition de consolider la place du Tchad comme producteur stable de brut et de renforcer la valeur ajoutée de son secteur aval.
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