La filiale tchadienne du groupe bancaire Coris Bank International (CBI TD) a annoncé avoir signé, le 23 février dernier, un accord de financement avec les autorités tchadiennes pour un projet d’électrification au Tchad. CBI TD fait ainsi parti d’un quatuor de financiers qui ont mobilisé une enveloppe totale de 90 millions d’euros, environ 59 milliards FCFA. Il s’agit de bailleurs internationaux notamment la Banque Africaine de Développement (BAD), Proparco (une institution de financement du développement détenue l’AFP) et la banque newyorkaise Mellon (Bank of New York Mellon).
Le financement est destiné à la construction et la mise en production de deux centrales électriques d’une capacité respective de 15Mw dans la périphérie Est de N’Djamena, un axe de forte croissance économique et démographique. L’objectif est de relever le taux le taux d'électrification dans les banlieues Koundoul (située à environ 25 km au sud-est, servant de zone de villégiature et de pôle agricole) et Linia. Dans un contexte où la capitale concentre 90 % de la production électrique, pour une couverture électrique estimée à environ 70 % dans les principales zones urbaines et moins de 10% dans les banlieues.
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La société en charge de la réalisation de ce projet n’a pas encore été désignée, cependant la communication du pool bancaire précise que les deux centrales seront exploitées par le nouvel opérateur public de l’énergie électrique, la Société Tchadienne d’Électricité (TchadElec), constituée en juillet 2025. « Ce projet stratégique vise à renforcer durablement les capacités de production énergétique du pays et à soutenir la dynamique de développement économique et social », peut-on lire dans le communiqué relayé par l’établissement bancaire.
Le projet d’électrification des villes satellites de N’Djamena, porté initialement par la BAD, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », présenté en début 2025. L’ambition de ce plan gouvernemental, dont le besoin financier est estimé à 1,1 milliard USD, est d’atteindre un taux d’accès à l’électricité de 60 % (contre une couverture nationale de 6,7% à date, selon la Banque mondiale), offrant ainsi à des millions de foyers et d’entreprises une énergie fiable et abordable. Dans ce cadre, 866 MW de nouvelles capacités devraient être installées, dont 520 MW issus du solaire, afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures et stabiliser le coût de l’électricité.
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Annoncé en août 2025 par le ministère tchadien de l’Eau et de l’Énergie, ledit projet est initialement porté par la BAD, principal partenaire financier du pays dans le secteur énergétique. L’institution financière a précédemment autorisé le décaissement de 7 millions USD (4,8 milliards FCFA) pour la construction de 3 centrales solaires hybrides (solaire-diesel) dans le cadre du Projet d’Appui au Secteur de l’Énergie au Tchad (PASET). Les travaux, confiés au consortium Sinosoar/Tragedel, ont démarré le 17 février dernier et devraient être exécutés dans un délai de 12 mois.
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