La proclamation des résultats à la présidentielle le 27 octobre dernier déclarant le candidat Paul Biya vainqueur, a prêté le flanc à un climat de tensions sur l'ensemble du territoire national. Les manifestations post électorales dans les rues et les stations-services entre autres, ont fragilisé les activités économiques des grandes entreprises et des commerçants dans les marchés. Par crainte d’éventuelles pertes ou d’incidents, de nombreux opérateurs économiques ont suspendu temporairement leurs activités. Conséquence : certaines denrées alimentaires peinent désormais à atteindre les grands centres urbains. La tomate, par exemple, devient un produit rare et onéreux. « La tomate, en ce moment, c’est de l’or. J’ai payé cinq fruits à 1 000 FCFA, soit 200 FCFA l’unité », confie Évelyne, une ménagère croisée au marché d’Étoudi à Yaoundé.
Mais encore faut-il en trouver. Car au-delà de la flambée des prix, plusieurs produits de base se font désormais rares sur les étals. Audrey, une autre ménagère, témoigne: « J'étais allée acheter de la banane plantain pour le repas du jour. Je n'en ai pas trouvé. Selon ce que j'ai vu de disponible sur quelques rares comptoirs, j'ai été obligée de prendre du bâton de manioc à la place » Comme elle, plusieurs ménagères ont improvisé une liste d'achats adaptée à un marché inhabituellement pauvre. La seule solution pratique d'ailleurs puisqu'au lieu d'aller de marchés en marchés, le contexte sécuritaire fragile impose de limiter le temps à passer hors de la maison.
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Reconnaissant l’ampleur des perturbations économiques consécutives aux tensions post-électorales, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a appelé à un retour rapide à la normale dans les circuits d’approvisionnement. Dans un communiqué publié le 29 octobre 2025, le ministre a invité les opérateurs économiques à « reprendre sereinement et sans délai leurs activités », afin de garantir la continuité de l’approvisionnement des populations et d’éviter toute pénurie ou flambée spéculative. Il a par ailleurs tenu à rassurer les consommateurs sur la disponibilité des denrées. « Il n'y a par conséquent pas lieu de nourrir la moindre crainte ni de céder à la moindre panique, diversion ou intimidation » a-t-il déclaré.
Le même jour, le Ministre a adressé une correspondance au président de la plateforme du réseau socioprofessionnel des transports routiers du Cameroun. Il a convié ce dernier à « prendre des mesures impératives et urgentes pour rendre possibles les moyens de transports des marchandises et autres biens de consommation ». Il tenu à rassurer que les dispositions soient prises par les autorités compétentes afin de garantir la sécurité des biens et consommateurs sur l'ensemble du territoire national. Des sorties officielles porteuses d'espoir pour les populations qui suffoquaient déjà au bout de quelques jours de perturbations à forts dommages.
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Ces annonces interviennent alors que plusieurs villes du pays subissaient encore les effets de la paralysie du commerce et des transports, sur fond de hausses de prix et de rareté ponctuelle de produits de base. Des mesures qui visent à restaurer la confiance des acteurs économiques et à stabiliser un marché fragilisé par plusieurs jours de tensions sociales.
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Par Danielle Noah














