A peine quelques heures après avoir célébré la résurrection du Christ, l’église catholique est de nouveau plongée dans le deuil. Ce 21 avril 2025, jour du lundi de Pâques, le pape François est décédé. Premier pape jésuite et premier souverain pontife originaire d’Amérique latine, il avait été élu en mars 2013, à la suite de la renonciation du pape Benoît XVI. Avec sa disparition, une période de deuil s’ouvre, marquée par un protocole rigoureux, depuis les funérailles jusqu’à l’élection de son successeur.
- Un deuil solennel et des funérailles dans les six jours
Dès l’annonce du décès du pape par le Vatican, commence la période de « sede vacante », littéralement « siège vacant » jusqu’à la désignation d'un nouveau souverain pontife. Pendant cette période, le Saint-Siège est alors privé de chef, et le collège des cardinaux prend temporairement la main sur les affaires courantes sans engager de décisions majeures. Il revient à ce dernier d’organiser les obsèques du pape défunt. Trois personnages y jouent un rôle prépondérant : le doyen du collège qui préside toutes les cérémonies importantes pendant la vacance ; le cardinal camerlingue, chargé d’administrer le Saint-Siège pendant la vacance ; le cardinal secrétaire d’État du Saint-Siège, véritable Premier ministre du pape ou numéro 2 du Vatican.
Ce sont eux qui conduisent le collège des cardinaux, chargé de fixer le jour et l'heure des funérailles, traditionnellement célébrées entre le quatrième et le sixième jour suivant sa mort. Selon les règles établies, les cérémonies se tiendront place Saint-Pierre, en présence de chefs d’État, de dignitaires religieux du monde entier et de dizaines de milliers de fidèles.
- Quinze à vingt jours pour convoquer le conclave
En parallèle, les cardinaux sont convoqués à Rome dans un délai de 15 à 20 jours après le décès du pape. Au cours des congrégations générales préparatoires, ils prêteront serment sur les Évangiles pour respecter les règles établies par la constitution apostolique encore appelée « Universi Dominici Gregis ». Ils fixeront ensuite la date du conclave, l’aménagement de la chapelle Sixtine où se déroulera le vote, ainsi que les conditions d’hébergement des électeurs. Seuls les cardinaux âgés de moins de 80 ans ont le droit de voter.
- Le conclave, entre fumée noire et fumée blanche
Le conclave se déroule dans une stricte confidentialité. La chapelle Sixtine est totalement coupée du monde extérieur, et les cardinaux sont tenus à un silence absolu sur le déroulement du scrutin. Le vote se fait à bulletin secret, avec deux scrutins possibles le matin et deux l’après-midi. Il faut une majorité qualifiée des deux tiers pour élire le nouveau pape. À l’issue de chaque session, les bulletins sont brûlés : la fumée noire indique l’absence d’un nouveau pontife, la fumée blanche, en revanche, signifie qu’un pape a été élu.
- L’annonce solennelle du nouveau souverain pontife
Une fois l’élection obtenue, le doyen du Sacré Collège interroge l’élu : « Acceptez-vous votre élection comme souverain pontife ? ». Après son consentement, le nouveau pape choisit son nom. Il reçoit alors l’hommage de ses pairs, avant que le cardinal protodiacre ne proclame officiellement son élection depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre avec la formule : « Habemus Papam ». Le nouveau pape adresse ensuite sa première bénédiction "Urbi et Orbi" à la ville de Rome et au monde entier.








