L’État du Cameroun prévoit de porter en 2026 le budget consacré au secteur minier à 13 milliards de FCFA, contre 8,4 milliards de FCFA en 2025 selon la loi de finances en vigueur, soit une hausse de 55%. Devant la Commission des finances vendredi 28 novembre, le ministre par intérim des Mines, Fuh Calistus Gentry, a indiqué que cette augmentation vise à consolider les résultats obtenus en 2025 grâce au plan d’investissement exécuté en 2024 et articulé autour de cinq programmes prioritaires. « Nous sommes passés d’un pays à potentiel minier à un véritable pays producteur, avec cinq projets déjà en exploitation », a-t-il rappelé.
L’année 2025 a été marquée par l’entrée en production de plusieurs projets, notamment le gisement de fer de Kribi–Grand Zambi opéré par G-Stone (groupe Bocom), le projet de bauxite de Minim-Martap porté par l’australien Canyon Resources, ainsi que l’exploitation aurifère de Mborguene menée par Codias. Pour 2026, les priorités porteront sur la poursuite de la mise en exploitation des grands gisements de fer : Nkout, avec 25 millions de tonnes titrant 60% Fe et 2,7 milliards de tonnes à 32% Fe ; Ntem, avec 96,9 millions de tonnes à 34% Fe ; Ngovayang, qui affiche 235 millions de tonnes à 35% Fe. S’ajoute la petite mine d’or de Colomine, dont les réserves sont évaluées à 1 867 kg d’or métal. L’objectif gouvernemental reste de consolider le statut du Cameroun comme producteur de minerais solides tout en stimulant la création de 50 000 emplois via l’industrialisation locale.
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L’enveloppe de 13 milliards de FCFA doit également permettre de poursuivre la stratégie d’industrialisation par chaînes de valeur, désormais au cœur de la politique minière. Le ministère a identifié quatre filières prioritaires : la chaîne bauxite–alumine–aluminium ; la filière argile–feldspath–carreaux, soutenue par les deux usines de Kribi et Kaké ; la chaîne de valeur du fer, de l’extraction à la production de billettes et de produits finis ; ainsi que la montée en puissance d’unités de transformation locale destinées à réduire les importations de matériaux. « Ces filières placent le Cameroun parmi les pays africains capables d’intégrer localement leur production minière », précise le ministre.
Pour mémoire, l’exécution du budget 2024 repose sur cinq programmes majeurs. Le premier, dédié au développement géologique et minier, disposait d’environ 2,3 milliards de FCFA et a permis d’avancer les campagnes de cartographie, d’exploration étatique et la mise à jour de la base de données géoscientifique. Le second, consacré à la régulation et au contrôle, mobilisait près de 1,5 milliard de FCFA pour renforcer les inspections, digitaliser les titres miniers et améliorer le suivi environnemental. Il encadre désormais l’artisanat minier, réparti entre les communes pour l’artisanat pur et l’administration centrale pour l’artisanat semi-mécanisé, assorti d’une caution environnementale de 3 millions de FCFA par hectare. Le troisième programme, doté de 1,8 milliard de FCFA, soutenait la promotion du contenu local ; le quatrième, un peu plus de 900 millions de FCFA, ciblait les infrastructures de soutien, dont les laboratoires régionaux ; et le cinquième, environ 1,3 milliard de FCFA, portait sur la coordination et le pilotage.
Dans la zone Cemac, la montée en puissance des budgets miniers suit une tendance régionale. Le Gabon, désormais l’un des pays les plus avancés de la sous-région dans la transformation locale, a porté son budget minier à 68,1 milliards de FCFA, soit une progression de plus de 1 000%.
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