En 2026, le ministère camerounais de l’Élevage, de la Pêche et des Industries animales (Minepia) prévoit la construction de trois nouveaux abattoirs industriels dans les régions du Centre, du Littoral et du Nord-Ouest. Il s’agit d’un abattoir industriel de porc à Yaoundé, d’un abattoir industriel de bovins à Douala et d’un abattoir mixte à Bamenda. Ces infrastructures ont été annoncées par le ministre Dr Taïga lors de la présentation du projet de performance 2026 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale. Leur réalisation dépendra des fonds que le ministère prévoit de mobiliser au cours de l’exercice à venir.
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Selon le document consulté par EcoMatin, le Minepia sollicite des Autorisations d’engagement (AE) et Crédits de paiement (CP) d’un montant de 56,5 milliards FCFA, dont 30,4 milliards destinés au développement de la production animalière et industrielle, conformément au Programme de développement des chaînes de valeur d’élevage financé par la Banque africaine de développement. L’objectif est de doter le Cameroun d’une véritable chaîne d’abattage industrielle, afin d’augmenter l’offre nationale en viande et d’améliorer la compétitivité des filières bovine, porcine et halieutique. À ce jour, le pays ne compte que trois abattoirs industriels opérationnels, situés à Yaoundé, Ebolowa et Ngaoundéré.
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Pour 2026, les besoins financiers du programme progressent de 2,2 milliards FCFA par rapport aux 54,3 milliards de crédits révisés en 2025. Grâce à ces ressources, le ministère a déjà achevé la construction de 68 installations et mini-usines destinées à la production, la transformation, le stockage et la commercialisation des produits d’élevage. Ces réalisations ont contribué à un redressement de 3 % de la production nationale de viande, atteignant 244 676 tonnes entre janvier et septembre 2025, après une chute de 30 % sur la même période en 2024.
Cette reprise est tirée par la production de viande bovine, qui s’est établie à 97 917 tonnes contre 94 300 tonnes en 2024 (+3,8 %), un rebond notable après la contraction de 27,9 % enregistrée l’an dernier. La filière avicole s’est également redressée, avec une hausse de 6 % à 53 934 tonnes. Les filières caprine et porcine affichent, elles aussi, une progression : 29 261 tonnes (+1,3 %) pour la viande de chèvre et 41 714 tonnes (+5,1 %) pour la viande de porc. Seule la viande ovine recule légèrement, à 21 850 tonnes contre 22 263 tonnes un an plus tôt.
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Selon le Minepia, cette amélioration résulte également de l’accélération du Programme de lutte contre la crise alimentaire (Pulcca), financé à hauteur de 2,7 milliards FCFA. Malgré ces avancées, la production nationale reste toutefois insuffisante : elle demeure loin du besoin de consommation interne, estimé à 330 000 tonnes par an.
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