La ministre camerounaise de l'Habitat et du Développement urbain (Minhdu), Célestine Ketcha Courtes, a été interrogée ce 4 avril 2025 à l'Assemblée nationale sur le mauvais état de la voirie urbaine à Yaoundé. Les députés ont pointé du doigt les nombreux tronçons dégradés tels que Carrefour Obili-Marché Acacias et Carrefour Biyem-Assi-Centre des handicapés dans le 6e arrondissement, pour ne citer que ceux-ci.
En réponse, la membre du gouvernement a reconnu l’ampleur du défi, tout en défendant les actions menées en 2024. « Malgré l’accroissement du besoin dû à la détérioration des voies non entretenues, les ressources de 6,7 milliards FCFA en 2024 nous ont permis de réhabiliter 10 km de route dans Yaoundé. Je pense qu’avec ces 10 km, vous avez vu le Carrefour Nlongkak-Mballa 2, Messassi, marché Nkol-Eton, Carrefour Fouda…Nous avons également attaqué vers des passerelles pour faciliter la traversée de la base de de la section rase campagne de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. Je voudrais également que ceux de Douala sachent que 10 km ont été réhabilités dans la capitale économique », a-t-elle déclaré.
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Toutefois, cette enveloppe budgétaire n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes. Le 25 février 2025, une nouvelle réunion consacrée à la dégradation continue de la voirie et à l’insalubrité s’est tenue à la Primature, sous la présidence du Premier ministre. Déjà, en octobre 2023, lors d’une assise similaire, Célestine Ketcha Courtès avait mis en avant les efforts de son département pour doter les communes d’équipements permettant de produire des pavés autobloquants, dans l’objectif de soutenir l’entretien des routes tout en créant des emplois pour les jeunes.
Mais du côté de Yaoundé, le Maire de la ville, Luc Messi Atangana, tient un discours différent. « Tous les travaux, que ce soient les travaux routiers ou de gestion des ordures, sont fait par la Mairie de la ville sur fonds propres. Leur financement dépend également du compte unique du Trésor, où vous pouvez avoir une provision, mais vous ne pouvez pas en bénéficier du fait des tensions de trésorerie », déplorait-il au média national à fin février.
Toute chose qui fait dire à certains experts que dans un contexte de décentralisation, la multiplication des acteurs peut entraîner une complexité dans la répartition des tâches et des ressources. Cela peut aboutir à des chevauchements, des lacunes ou des conflits entre les différents acteurs. Dans le cas spécifique de la gestion de la voirie urbaine à Yaoundé, il semble que les rôles et les responsabilités des différents acteurs soient flous, ce qui peut expliquer la persistance des problèmes tel que le mauvais état des routes. D’où la nécessité de clarifier la situation afin de fixer chacun des acteurs impliqués dans la chaîne à savoir : les mairies d’arrondissement, le Maire de la Ville, le ministère de l’Habitat et du développement urbain ou encore le ministère des Travaux publics.
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