Le Premier ministre du Cameroun Joseph Dion Ngute était à l’Assemblée nationale le 1er décembre 2024 à l’effet de présenter le Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice 2025. Le chef du gouvernement a profité de l’occasion pour dresser la situation de la gestion budgétaire de l’Etat. Ainsi, l’on apprend qu’à date, 164 milliards de Fcfa ont été débloqués pour apurer la dette due aux enseignants du Secondaire et primaire. Calculette en main, ce montant représente 82% de l’enveloppe globale qui est de 200 milliards de Fcfa. C’est dire que le Trésor public doit encore décaisser 36 milliards de Fcfa pour régler cette cause.
Lire aussi : Cameroun : l’Etat va supporter 70% de la dette commerciale des entités publiques
A l’observation, les pouvoirs publics accusent néanmoins un léger retard sur le calendrier d’apurement. En effet, face aux députés le 20 novembre 2023, le ministre des Finances Louis Paul Motaze prévoyait pour octobre de l’année en cours, la finalisation de cette opération. « Nous devrions finir en septembre 2025. Certains ont estimé que le délai était trop long. Nous avons revu nos prévisions dans le but de réduire ces délais. Ça sera fait dans le budget à venir. En octobre 2024, nous espérons terminer avec le paiement des arriérés », projetait le membre du gouvernement.
Il convient de souligner que dans son traditionnel discours à la Nation le 31 décembre 2024, le président de la République Paul Biya annonçait qu'une «provision complémentaire de 102 milliards de Fcfa a également été constituée dans le budget de l'État, au titre de l'exercice 2024, afin d'apurer les dépenses résiduelles» après un déblocage de 72 milliards de Fcfa en 2023.
Lire aussi : Dette due aux enseignants : Paul Biya promet 102 milliards de Fcfa en 2024
Un mois plutôt, le ministre des Finances faisait savoir que le gouvernement défalquerait 193 milliards de Fcfa du budget 2024 pour l’apurement des problèmes de dette salariale soit 96 milliards de Fcfa consacrés aux enseignants. Pour le plan d’apurement des stocks d’arriérés intérieurs audités sur la période 2000-2019 (évalués à 671,7 milliards de Fcfa, Ndlr), près de la moitié de l'encours soit 303,3 milliards Fcfa (45%), est constituée d’impayés sur les salaires des fonctionnaires et agents de l’État. A en croire le plan dressé par Louis Paul Motaze, 193,4 milliards de Fcfa de dette salariale vont être soldés en 2024 contre 110 milliards de Fcfa en 2025.
Lire aussi : Loi de Finance 2024 : l'Etat prévoit près de 200 milliards de Fcfa pour apurer les dettes salariales
Outre la gestion partielle de la dette due aux enseignants, l’Etat a globalement payé ses fonctionnaires. D’après les chiffres rapportés par Joseph Dion Ngute, la masse salariale a atteint 1 022,1 milliards de Fcfa à fin septembre 2024 sur une projection de 1 487,8 milliards de Fcfa contenue dans la loi de finances rectificative. Sur une moyenne de 113,6 milliards de Fcfa par mois, les dépenses du personnel entre octobre et décembre devraient avoisiner 340,8 milliards de Fcfa (en trois mois). Ce qui donnerait une masse salariale annuelle d’environ 1 363 milliards de Fcfa soit un écart de 124,8 milliards de Fcfa en moins par rapport aux prévisions.








