La Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun a annoncé, samedi 4 juillet, le choix de la centrale thermique de Kribi (KPDC) et du centre de traitement de Bipaga pour prendre le relais de la valorisation de son gaz naturel, dès ce mois de juillet 2026. L'information est contenue dans une note de mise au point publiée en réponse à un article du média Africa Intelligence, qui imputait à l'entreprise d'État un « déraillement » de sa stratégie gazière.
Le retrait du Hilli Episeyo, unique unité flottante de liquéfaction du pays exploitée depuis 2018 par le norvégien Golar en partenariat avec la SNH et Perenco, marque la fin d'un premier cycle de développement du gaz naturel liquéfié (GNL) camerounais. En huit années d'exploitation, le navire a produit plus de 10 millions de tonnes de GNL avant l'expiration de son contrat et le déclin naturel des réserves du champ qui l'alimentait. « La stratégie gazière du Cameroun n'a nullement déraillé ; elle traverse au contraire sa phase de développement la plus active », affirme la SNH dans son communiqué.
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Dans l'immédiat, le reliquat de gaz extrait du champ de Sanaga Sud sera redirigé vers la centrale thermique de Kribi, d'une capacité installée de 216 MW, afin de sécuriser l'alimentation du Réseau Interconnecté Sud (RIS). En parallèle, le centre de traitement de Bipaga poursuivra la production d'environ 30 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par an, soit près de 16 camions-citernes par jour destinés au marché national. Les deux infrastructures sont déjà raccordées au site de production par gazoduc.
Toutefois, cette réorientation forcée vers le marché local pourrait avoir des conséquences significatives sur l'économie nationale, dans un contexte de baisse structurelle des revenus pétroliers du pays, représentant l'un des principaux poumons de l'économie camerounaise. Alors que les exportations de GNL ont rapporté plus de 30 milliards FCFA à l'État en 2025, le départ du Hilli Episeyo — qui exploitait une capacité d'environ 1,2 million de tonnes par an — suspend temporairement ces flux directs de devises.
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En insistant sur l'apport de Bipaga, la SNH rappelle que cette production locale permet de limiter la facture d'importation de gaz domestique soutenue par la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH). Cependant, cette offre interne ne couvrant qu'un quart de la demande nationale (estimée à plus de 120 000 tonnes annuelles), pourrait ne pas suffire à compenser la pression immédiate sur la balance commerciale.
Historiquement dépendant du gisement mature de Sanaga Sud, le Cameroun entame ainsi une phase de transition de plusieurs années avant d'espérer renouer avec le statut d'exportateur autonome. À moyen terme, la SNH table sur l'intégration régionale via le développement du champ transfrontalier Yoyo-Yolanda (2 500 milliards de pieds cubes de réserves géologiques). Opéré par l'américain Chevron pour un investissement global de 4 milliards de dollars US, ce mégaprojet devrait utiliser, d'après la SNH, les infrastructures de liquéfaction existantes en Guinée équatoriale voisine.
En attendant la mise en production de ce site, le gouvernement compte sur les récents contrats signés sur cinq nouveaux blocs — dont quatre remportés par Murphy West Africa — pour relancer l'exploration.
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