Le Cameroun et l'Algérie souhaitent renforcer significativement leurs échanges bilatéraux. Après le succès de la mise en place de nouvelles liaisons aériennes entre Alger et Yaoundé ou Douala, l'Algérie, 10e client africain du Cameroun, souhaite développer ses échanges dans le secteur maritime, notamment en établissant des dessertes maritimes directes. C'est ce qu'a déclaré Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, à l'issue de son audience avec Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d'État, secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun, le 7 janvier dernier, devenant ainsi le tout premier hôte à être officiellement reçu à Etoudi en ce début d’année électorale 2025. « Le secteur des transports est en train de donner d'excellents résultats, à tel point que nous envisageons son extension à travers une desserte maritime après la desserte aérienne ».
Lors de cet entretien, les deux parties ont souligné l'excellence des relations diplomatiques entre les deux pays et ont convenu de donner une nouvelle impulsion à la coopération économique. Selon le ministre algérien, l'objectif est désormais de hisser le volet économique au même niveau que celui lié à la politique. Il a d'ailleurs souligné que cette stratégie passe nécessairement par le renforcement des échanges entre les opérateurs économiques des deux pays, comme le souhaitent les présidents Abdelmadjid Tebboune et Paul Biya en favorisant les échanges entre les opérateurs économiques des deux pays. « Il s’agit de procéder à une relance de cette coopération dans toutes ses dimensions, à travers l'actualisation et la modernisation de son encadrement juridique », a-t-il déclaré à la presse locale.
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Dans l’échiquier diplomatique, cette annonce intervient environ deux semaines après la signature, le 21 décembre 2024 à Alger, d'un accord d'exemption réciproque de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service entre le Cameroun et l'Algérie. Cet accord, conclu lors de la visite du ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, en Algérie, devrait donner un nouvel élan aux échanges commerciaux entre les deux pays. En effet, la facilitation des déplacements des hommes d'affaires et des officiels devrait contribuer à renforcer les relations économiques bilatérales et à diversifier les produits échangés.
Une ligne maritime, à quoi pourrait-on s’attendre ?
Pour l’heure, les liaisons aériennes entre le Cameroun et l'Algérie sont assurées principalement par des vols réguliers d'Air Algérie, transportant à la fois des passagers et du fret. Selon le rapport de l'Institut national de la statistique sur le commerce extérieur du Cameroun en 2023, les exportations camerounaises vers l'Algérie, principalement du café, de la pâte de cacao et des bois sciés, ont atteint 7,7 milliards de FCFA, soit une légère augmentation de 0,3% par rapport à 2022. En revanche, le Cameroun importe chaque année plus de 300 000 tonnes de clinker algérien, de sucre et de pellicules.
L'ouverture d'une ligne maritime directe entre Alger et les ports camerounais (Douala ou Kribi) pourrait considérablement faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays, notamment en permettant le transport de marchandises volumineuses ou sensibles à des coûts réduits. Cette nouvelle desserte maritime pourrait ainsi entraîner une hausse significative des volumes importés et exportés, favorisant ainsi une diversification des échanges et renforçant les liens économiques entre le Cameroun et l'Algérie.
De nouveaux acteurs pour concurrencer le marché
Par ailleurs, des géants algériens du transport maritime tels que le Groupe algérien de transport maritime (Gatma), disposant d'une flotte de 13 navires dont 7 en activité (principalement des porte-conteneurs et des navires rouliers), 6 en maintenance, Madar Maritime Company (MMC) ou encore Nouris Elbahr Ferries, pourraient étendre leurs activités au Cameroun. Cette nouvelle expansion pourrait stimuler la concurrence sur un marché dominé par Africa Global Logistics, entraîner une baisse des tarifs de transport et améliorer la qualité des services offerts aux opérateurs économiques camerounais. De plus, l'arrivée de ces nouveaux acteurs pourrait favoriser le développement de nouvelles filières économiques et créer de nouveaux emplois dans les secteurs du transport et de la logistique camerounaise.



