Le « Made in Cameroon » gagne du terrain à l’international. Les derniers indicateurs du commerce extérieur révèlent une dynamique offensive des industriels camerounais. Si le pays est traditionnellement connu pour ses matières premières brutes, la transformation locale a apporté, en 2025, une contribution non négligeable aux recettes d’exportation, portée notamment par l’industrie du cacao.
Dans le détail, les exportations des principaux produits dérivés du cacao que sont la pâte de cacao et le beurre de cacao ont progressé de 21,8 % en 2025. Ces derniers contribuent aux recettes d’exportation respectivement à hauteur de 261,3 milliards FCFA (+24,4 %) et 115,6 milliards FCFA (+16,5 %), tandis que les expéditions de chocolats et autres préparations à base de cacao ont généré 8,8 milliards FCFA. Une dynamique à la hausse alors que le cours mondial du cacao continue de faiblir et que les prix du kilogramme de masse et de tourteaux de cacao dégringolent, plombés par un retour à la hausse de l’offre à la faveur des chocolatiers étrangers.
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Toutefois, la croissance des recettes traduit la bonne santé des activités de transformation de cacao locale, dont les volumes expédiés affichent également une hausse portée par la pâte de cacao (+19,1 %) et le chocolat (+3,9 %). Le marché camerounais de la transformation du cacao est dominé par Sic Cacaos, filiale de Barry Callebaut, avec 45,3 % de parts de marché, suivi directement par Atlantic Cocoa de l’Ivoirien Koné Dossongui (28,5 %).
Sucre et pâtes alimentaires franchissent la barre du milliard
L’industrie du sucre a signé la performance la plus frappante du secteur agro-industriel camerounais. Les ventes internationales de sucre ont littéralement explosé avec une progression fulgurante de 429,6 %, atteignant 1,7 milliard FCFA pour 8 047 tonnes de produits sortis. À la lecture des données compilées par l’Institut national de la statistique (INS), ceci représente le plus haut niveau atteint sur les 10 dernières années, tant en valeur qu’en volume.
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Un vent contraire à celui qui souffle depuis peu sur le marché mondial du sucre et qui entraîne avec lui des prix sous pression baissière ; ces derniers ont atteint leur plus bas niveau en février 2025, passant sous les 14 cents US/lb (prix mensuels moyens ISA). Selon l’Organisation internationale du sucre (ISO), cette baisse est adossée à un retour massif des stocks à l’export, soit 64,8 millions de tonnes de sucre vendues durant la campagne 2024/25.
De retour au Cameroun, il faut souligner que cette performance est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte marqué par des défis structurels pour la filière. Lors du lancement de la campagne sucrière 2025/26, la Sosucam, leader local et filiale du groupe Somdia, est revenue sur les difficultés qui ont marqué la saison précédente, notamment les aléas climatiques affectant les récoltes de canne, la hausse du coût des intrants et les tensions internes (qui ont conduit à la perte de 970 hectares de plantations en janvier 2025). Aussi, ce bond des exportations contraste avec la dépendance extérieure du pays, qui absorbe annuellement plus de 200 000 tonnes de sucre raffiné.
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Dans le sillage du sucre, les ventes internationales de pâtes alimentaires ont franchi la barre symbolique du milliard de FCFA. Une prouesse réalisée malgré la volatilité extrême des cours mondiaux du blé, principale matière première. Ainsi, avec 3 115 tonnes de produits sortis, les exportations des minotiers ont généré 1,5 milliard FCFA de recettes, en hausse de 352,8 %. Une performance notable qui intervient à l’heure où les cartes du marché camerounais de la minoterie sont redistribuées, notamment avec le rachat de la Société le Grand Moulin du Cameroun (SGMC), leader national et ex-filiale du groupe Castel, par le groupe de droit privé camerounais Cadyst (Pasta).
À noter que les exportateurs camerounais de produits agro-industriels ont réussi à optimiser leur chaîne de valeur pour rester compétitifs durant l’année 2025 écoulée. Si l’industrie camerounaise ne représente qu’une part marginale dans le commerce international des produits susmentionnés, elle a tout de même su capter la demande régionale, notamment vers les pays voisins de la CEMAC et le Nigéria, principales destinations des activités en aval (produits agroalimentaires finis).
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