La société Electricity Development Corporation (EDC), bras séculier de l'État du Cameroun pour la gestion du patrimoine public de l'électricité, a lancé le 28 janvier 2026 un appel d'offres pour la maintenance industrielle du barrage de Memve’ele implanté sur le fleuve Ntem, dans la région du Sud. L'objectif, tel que défini par le Directeur général Théodore Nsangou, est d'assurer la « pleine disponibilité » de cet aménagement hydroélectrique indispensable pour le réseau national. Les travaux sont prévus pour une durée de 24 mois pour un coût prévisionnel de 4 milliards FCFA financé par le budget 2026 d’EDC et suivants.
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Concrètement, le prestataire retenu devra « garantir la disponibilité mécanique des ouvrages de façon à produire la puissance maximale aux conditions hydrologiques et suivant les besoins du réseau ; assurer toutes les opérations relevant de la maintenance de l'aménagement, notamment en ce qui concerne la maintenance prédictive, la maintenance préventive et la maintenance curative ; et mettre à la disposition du Maître d'Ouvrage des agents de sécurité qui assurent la sécurité des personnes et des biens de jour comme de nuit ».
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En d’autres termes, l’objectif est que le barrage puisse produire de l'électricité sans interruption. L'entreprise doit de ce fait, s’assurer que les turbines et les vannes soient prêtes à fonctionner à leur puissance maximale dès que les conditions d'eau le permettent ou que le réseau électrique en a besoin. Elle devra aussi surveiller l'usure des machines pour anticiper la panne et effectuer des révisions et des entretiens réguliers puis, réparer immédiatement les équipements en cas de panne.
Il convient de souligner que, bien que conçu pour produire 211 MW, le barrage de Memve’ele — mis en service en 2022 — peine encore à injecter sa pleine puissance dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS). En janvier 2025, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, relevait une chute drastique de la production, passée de 200 MW en novembre 2024 à seulement 35 MW en janvier 2025. Cette perte de 165 MW en deux mois, attribuée à un « étiage particulièrement sévère », illustre une vulnérabilité chronique déjà observée lors des premiers mois d'exploitation fin 2022. En effet, de source officielle, le barrage avait enregistré la même baisse entre fin décembre 2022 et mi-janvier 2023.
À ces défis techniques s'ajoutent des contraintes budgétaires : le Budget d’Investissement Public (BIP) prévoit par exemple une enveloppe de 2,6 milliards FCFA pour apurer les arriérés liés au bitumage de la voie d’accès au site. Au sein d’EDC, on précise que cet appel d'offres marque une transition stratégique, car « avant, il y avait les contrats d'assistance technique avec les constructeurs », tandis que la nouvelle démarche se concentre désormais sur la maintenance pérenne de l’ouvrage par un prestataire dédié.
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