Au Cameroun, le gouvernement, par la voix du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT), a engagé une communication officielle pour expliquer les sorties illégales d’or mises en évidence par les statistiques internationales, dans un contexte marqué par la résurgence de l’affaire des quarante-quatre (44) lingots d’or saisis puis rétrocédés à l’aéroport international de Douala en octobre 2023.
Selon une note d’information datée du 31 décembre 2025, le ministère rappelle que « la procédure de traitement des saisies d’or en contrebande est strictement encadrée par le Code minier de 2016 (actuellement remplacé par celui de 2023) ». Après saisie par les services de police ou de douane, l’or est mis sous scellé et soumis à l’expertise d’une commission interministérielle co-présidée par le MINMIDT et le ministère des Finances (MINFI), chargée d’évaluer le poids, le titre et la valeur marchande.
S’agissant des 44 lingots saisis le 18 octobre 2023 à l’aéroport international de Douala, le MINMIDT indique, dans une correspondance adressée au commissaire de l’aéroport le 15 décembre 2023, que l’expertise a conclu que « les lingots saisis étaient de l’or et appartenaient à monsieur Abba Koura Baba ». La quantité concernée, d’une masse totale de 25 910,51 grammes, a donné lieu à des droits, taxes, pénalités et amendes d’un montant global de 193,3 millions FCFA, dont 69,97 millions FCFA aux plans minier et fiscal, et 123,42 millions FCFA au plan douanier.
Restitution en 48 heures
Par ailleurs, poursuit-il, « suite à l’acquittement de la totalité des sommes dues par le mis en cause, la restitution des lingots a été ordonnée », conformément aux dispositions légales. Une lettre distincte, référencée 007851, a été adressée au délégué régional du MINMIDT pour le Littoral afin d’organiser formellement cette restitution le 15 décembre 2023.
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Dans sa posture, le gouvernement camerounais met en avant le strict respect des textes en vigueur et la traçabilité administrative des procédures pour justifier la restitution des 44 lingots, cherchant ainsi à dissocier cette affaire des sorties massives d’or hors circuits formels révélées par les statistiques internationales. Toutefois, pour plusieurs experts du secteur extractif, cette lecture apparaît partielle. Ils pointent une contradiction entre, d’un côté, la capacité de l’administration à restituer rapidement une cargaison de près de 26 kg d’or après paiement des pénalités et, de l’autre, l’incapacité persistante de l’État à capter et tracer l’essentiel de la production nationale. Ces observateurs s’inquiètent d’un système qui, tout en étant juridiquement conforme, pourrait involontairement créer un signal d’acceptabilité économique de la contrebande régularisée a posteriori, dans un contexte où l’écart de 15,2 tonnes mis en évidence par l’ITIE et UN Comtrade alimente les soupçons de pertes fiscales et de gouvernance défaillante de la filière aurifère.
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