Après la mise sous administration provisoire révélée par EcoMatin en mars dernier, la « Caisse Mutuelle Evangélique pour le Développement » (CAMED), envisage désormais le pire : une dissolution anticipée. En effet, selon les informations parvenues à notre rédaction, Jacques Alexandre Lom, l’administrateur provisoire de cet établissement, a convoqué une assemblée générale extraordinaire, le 25 avril prochain à Douala, à l’effet de délibérer sur un plan de redressement.
Ledit plan, apprend-on, inclut la consultation des actionnaires pour une dissolution anticipée en cas non-reconstitution des capitaux propres. Mais au cas où les actionnaires sont favorables, il est prévu simultanément une réduction-augmentation du capital, encore appelée opération « accordéon » pour éviter la banqueroute. Concrètement, il s’agira dans un premier temps de procéder à la réduction du capital à zéro : on annule toutes les actions existantes (pertes absorbées), le capital social passe à 0. Dans un second temps, l’on procédera à l’augmentation de capital immédiate (« coup d’accordéon ») en réinjectant des fonds et émettant de nouvelles actions. Résultat : les anciens actionnaires seront évincés ou dilués à presque rien. L’entreprise peut ainsi être relancée avec un capital propre reconstitué.
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Selon l’Acte uniforme Ohada relatif aux sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (Auscgie), Camed a deux ans à partir de l’année au cours de laquelle les pertes ont été constatées pour reconstituer ses ressources financières propres, à concurrence d’une valeur au moins égale à la moitié du capital social. Si cela n’est pas fait, la microfinance va devoir réduire son capital au moins d’un montant égal aux pertes qui n’ont pas pu être absorbées.
Cette microfinance de 2è catégorie d’un capital 500 millions de FCFA créée en 2011 à Douala est difficulté depuis 2021. En effet, cela fait cinq ans que les 4000 membres ayant ouvert des comptes dans l’établissement ont du mal à rentrer en possession de leur épargne. A l’origine, apprend-on, les caisses auraient été vidées par des gestionnaires indélicats qui ont été traduits en Justice. Certains pasteurs de l’Eglise évangélique du Cameroun et des particuliers qui avaient effectué des emprunts ont opté pour le remboursement du corps du délit. Mais l’ampleur du trou financier n’est pas dévoilée par l’Eglise. Si l’administration provisoire ne parvient pas à ramener les indicateurs financiers de l’EMF au vert, il est probable d’enregistrer une faillite.
Au 31 décembre 2025, le Cameroun compte 385 établissements de microfinance agréés par le ministère des Finances. Depuis quelques années, les liquidations et placements sous administration provisoire se succèdent à un rythme qui inquiète des clients sur la sécurité des dépôts et la continuité du service de crédit. Pour certains experts, cette situation s’explique en partie par une gestion indélicate des promoteurs mais aussi un durcissement de la supervision de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac).










