En 2023, les recettes issues du secteur extractif ont atteint 1 035,85 milliards FCFA au Cameroun. Cette performance est en baisse de 7,5 % par rapport à 2022, selon le rapport 2023 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). D’après le document consulté par EcoMatin, la contribution du secteur des hydrocarbures constitue 95,3% soit 987,45 milliards FCFA. Le transport pétrolier via le pipeline Tchad–Cameroun contribue pour 47,01 milliards (4,54%), tandis que les mines et carrières industrielles restent marginales, à seulement 1,38 milliard (0,13 %). « Le ralentissement des recettes reflète avant tout la contraction continue de la production pétrolière nationale », souligne l’ITIE.
Un repli alimenté par le déclin pétrolier
Le recul global est tiré par la chute des recettes non fiscales, qui s’effondrent de 17,55% pour s’établir à 679,9 milliards FCFA. Cette tendance s’explique directement par la baisse de la production d’hydrocarbures liquides, tombée à 23,88 millions de barils (-4,29 %). La Direction générale des Douanes évoque un « déclin structurel » lié au vieillissement accéléré des champs et à des contraintes opérationnelles persistantes.
A l’inverse, les recettes fiscales progressent de 20,68% pour atteindre 356 milliards FCFA, dopées par un bond spectaculaire de 33,5% de l’impôt sur les sociétés pétrolières. Sur les segments, la production de GNL avance de 3,67% (85,26 milliards SCF), tandis que le secteur minier reste contrasté : hausse de 11% de la production d’or (952,77 kg), mais effondrement du diamant (-55 %, 3 306 carats).
LIRE AUSSI : Cameroun : la phase de construction de la raffinerie de Kribi prévue début 2026
Une contribution économique en recul
La contraction des recettes et la baisse de la production de pétrole pèsent sur l’apport du secteur à l’économie. En 2023, il ne représente plus que 4,2% du PIB, contre 6,3% un an plus tôt. La part dans les recettes budgétaires fléchit également à 22% (25,5 % en 2022), tandis que la contribution aux exportations recule à 32%, contre 41% précédemment. Quelques indicateurs s’améliorent toutefois : les investissements progressent légèrement (6,4%) et l’emploi monte à 0,62%, atténuant partiellement l’essoufflement global.
Cette baisse des revenus extractifs s’inscrit dans une trajectoire enclenchée depuis 2017, marquée par une érosion durable de la production pétrolière en raison de la maturité des gisements, du retard dans la mise en valeur de nouveaux champs et d’un environnement opérationnel toujours exigeant. Malgré l’entrée progressive de nouvelles capacités gazières et le regain d’activité dans l’or artisanal et semi-industriel, le secteur peine encore à retrouver la dynamique qui faisait sa force il y a une décennie.














