Les exportations pétrolières et gazières du Cameroun ont généré 1 055,8 milliards FCFA en 2025, soit 34,3 % des recettes totales d’exportation du pays (3 084 milliards FCFA), selon le dernier rapport de conjoncture de l’Institut national de la statistique (INS). Ce montant recule de 327,5 milliards FCFA par rapport à 2024, soit une baisse de 23,7 % en glissement annuel, prolongeant une tendance baissière engagée depuis 2020. « En 2025, les recettes d’exportation des huiles brutes de pétrole continuent de baisser », souligne l’INS.
Cette contraction repose sur un effet ciseaux combinant recul des prix et baisse des volumes. Dans le détail, les recettes issues des huiles brutes de pétrole s’établissent à 705,6 milliards FCFA, en chute de 29,6 % sur un an, contre plus de 1 000 milliards FCFA en 2024. Elles représentent désormais 22,9 % des exportations totales. Selon l’INS, cette baisse s’explique par un repli de 16,7 % des prix unitaires à l’exportation (62,75 $), dans un contexte de détente des cours mondiaux du brut, combiné à une diminution de 15,6 % des quantités exportées (2,5 millions de tonnes contre 3 millions de tonnes), traduisant le vieillissement des champs et l’érosion des réserves.
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Le gaz naturel liquéfié (GNL), exporté depuis 2018, suit une trajectoire similaire. Les recettes gazières atteignent 350,2 milliards FCFA en 2025, soit 11,4 % des exportations totales, en baisse de 8,1 % sur un an, après un recul de 14,1 % en 2024. Après un pic en 2022, les revenus tirés du GNL s’inscrivent dans une tendance baissière. Si l’INS ne précise pas les causes de ce repli, l’évolution des prix internationaux suggère un effet marché : en Europe, le prix spot du gaz (PEG France) s’établissait à 34,2 €/MWh en 2024, en baisse de 13 % sur un an et de 65 % par rapport à 2022.
Au-delà des facteurs conjoncturels, cette chute reflète un affaiblissement structurel de l’amont pétro-gazier du pays. Selon un récent rapport de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), les investissements ont fortement reculé en 2023, tombant à 169,5 milliards FCFA (301,2 millions USD), contre 240 milliards FCFA (427,1 millions USD) en 2022, soit une baisse de 29,47 %. Ce repli est notamment lié à la contraction des dépenses dans les associations Iroko (-32,8 milliards FCFA) et Sanaga (-38,7 milliards FCFA), ce qui pèse directement sur les capacités de production à moyen terme.
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Les perspectives restent incertaines. Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une poursuite de l’érosion des recettes pétrolières du Cameroun, attendues en moyenne à 579,2 milliards FCFA sur la période 2026-2027. Cette trajectoire contraste avec la dynamique mondiale du gaz, portée par la hausse de la demande, les politiques de transition énergétique et les impératifs de sécurité énergétique.
Ce contexte est d’autant plus critique que l’unique infrastructure de liquéfaction du pays est fragilisée. L’opérateur Golar, en partenariat avec Perenco et la SNH, indique que son unité flottante Hilli Episeyo, basée au large de Kribi, a dépassé les 10 millions de tonnes produites et expédié plus de quarante cargaisons. Toutefois, le groupe prévoit le retrait du navire dès juillet prochain pour un redéploiement en Argentine, ce qui pourrait affecter à court terme les capacités d’exportation de GNL du Cameroun.












