Le Rapport d'évaluation et de plaidoyer du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) renseigne qu’en moins d’un mois, les tensions post-électorales du 12 octobre 2025 ont grevé les finances de l'État, entraînant une perte de 43,3 milliards de FCFA en recettes fiscales. A l’observation, la perte des recettes provient d'une incapacité réelle des entreprises à faire face à leurs obligations. Selon l'enquête menée par le patronat, « 43,9 % des entreprises déclarent que la crise a affecté leur capacité à honorer leurs engagements fiscaux. Près d’une entreprise sur deux est donc en situation de retard ou de défaut potentiel vis-à-vis du fisc ».
Le Gecam précise que la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), pilier de la consommation (un taux de 19,25 %) est la plus durement impactée avec 38,9 milliards de FCFA de recettes non collectées. Ce chiffre témoigne d'un ralentissement marqué des transactions commerciales et d'une baisse de la consommation des ménages durant la période de crise. Au-delà de la consommation, c'est la rentabilité et le flux de trésorerie des entreprises qui ont été touchés. Une perte de 4,4 milliards de FCFA a été enregistrée sur l’acompte d’Impôt sur les Sociétés. Ce manque à gagner concerne l'acompte de 2,2 % prélevé sur le chiffre d'affaires. Son recul indique une contraction globale du volume d'affaires des entreprises.
Le secteur productif le plus touché
Avec 56,6 % de ses entreprises en difficulté, le secteur productif est le plus durement touché par la crise. Au sein de ce groupe, le domaine de la construction (BTP) affiche une situation critique : 85,7 % des entreprises du secteur déclarent ne plus pouvoir honorer leurs engagements fiscaux, une conséquence directe de l'arrêt brutal de nombreux chantiers. L’industrie suit cette tendance avec 56,4 % d'entités en difficulté, tandis que l’Agriculture semble mieux résister, affichant un taux de fragilité de 28,6 %.
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Le secteur des échanges subit également de fortes pressions avec un taux de vulnérabilité de 42,6 %. Le détail par activité montre des fortunes diverses. Dans le domaine du transport,50% des entreprises sont en difficulté, 41,9 % peinent à répondre aux exigences du fisc en ce qui concerne le commerce. L’hébergement résiste mieux avec seulement 25% de défauts potentiels. À l'opposé du spectre, les Banques et Assurances font preuve d'une solidité remarquable. Seules 12,5 % de ces institutions présentent des difficultés à honorer leurs obligations fiscales.
En guise de solutions, le Groupement des Entreprises du Cameroun propose un certain nombre de solutions. Sur le plan commercial, il plaide pour le remboursement du crédit TVA, la suppression des doubles taxations (droits d'accises), la simplification des procédures douanières et l’arrêt des contrôles excessifs. Quant au secteur productif, le patronat préconise une "pause fiscale" en 2026, suspension des missions de vérification, et obtention de soutiens financiers directs ou différés bancaires, etc.
Pour rappel, l'élection présidentielle tenue au Cameroun le 12 octobre 2025, s'est soldée par des mouvements de constatations de la réélection du président Paul Biya pour un huitième mandat. Le groupement présidé par Célestin Tawamba a fait le choix de centrer son évaluation exclusivement sur la phase critique allant du 26 octobre (veille de la proclamation des résultats) au 5novembre 2025 (veille de la prestation de serment du président élu) n'intégrant pas les évolutions économiques ultérieures.
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