L'État du Cameroun et EDF International ont décidé de renforcer les fonds propres de Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHPC), la société de projet chargée du développement du futur barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe sur le fleuve Sanaga. Selon un document consulté par EcoMatin, les deux actionnaires ont converti une partie de leurs créances en actions, portant le capital social de l'entreprise de 5,38 milliards à 9,53 milliards de FCFA.
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L'opération, approuvée lors des assemblées générales extraordinaires tenues en février 2026, repose sur l'incorporation au capital de créances « certaines, liquides et exigibles » détenues par les deux partenaires, qui contrôlent chacun 50 % du projet. Plutôt que d'être remboursées, ces créances ont été transformées en actions, renforçant ainsi les fonds propres de la société sans nouvel apport de trésorerie.
Cette recapitalisation s'accompagne de la ratification de la nomination d'Olivier Flambard comme administrateur représentant EDF International. Ancien directeur général de la société de projet du barrage de Nachtigal (NHPC), cet ingénieur français avait été coopté en avril 2024 en remplacement de Valérie Levkov. Considéré comme l'un des principaux artisans du développement de Nachtigal, il apporte à KHPC une expertise reconnue dans la conduite de grands projets hydroélectriques en Afrique.
L'opération intervient alors que les études techniques, environnementales et financières du projet se poursuivent et que son bouclage financier figure parmi les principales échéances attendues entre 2026 et 2027. Selon le président du conseil d'administration de KHPC, Ahmad Tom, le coût prévisionnel du barrage a été réévalué à environ 1 050 milliards de FCFA, dont près de 150 milliards de FCFA devraient être apportés par l'État du Cameroun.
Avec une puissance installée de 500 MW, Kikot-Mbebe est appelé à devenir la plus importante centrale hydroélectrique du pays, devant Nachtigal (420 MW). Le projet prévoit l'installation de six turbines sur le fleuve Sanaga ainsi que la construction d'une ligne de transport de 400 kV sur environ 40 kilomètres pour raccorder l'ouvrage au Réseau Interconnecté Sud. Les autorités comptent sur cette infrastructure pour accompagner la croissance de la demande électrique et soutenir l'industrialisation du pays.
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