Le gouvernement camerounais apporte une bouffée d’oxygène aux collectivités territoriales décentralisées. Dans un communiqué signé le 18 mai, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, annonce le versement aux exécutifs communaux du solde de l’Impôt général synthétique (IGS) collecté entre mai et décembre 2025. Le montant transféré, à travers les comptes ouverts à la CAMPOST, s’élève à 6,93 milliards FCFA. Avec cette nouvelle opération, le total des ressources issues de l’IGS reversées aux communes au titre de l’exercice 2025 atteint désormais 10,35 milliards FCFA, selon le ministère des Finances. Dans son communiqué, le Minfi salue « la très belle performance de collecte et de reversement » enregistrée par les services de la Direction générale des impôts et de la Direction générale du Trésor, de la coopération financière et monétaire.
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Cette annonce intervient toutefois dans un contexte particulièrement tendu pour les finances locales. Selon plusieurs acteurs du secteur communal, plus de 70 % des communes camerounaises font actuellement face à des arriérés de salaires, en raison notamment des retards observés dans le reversement des centimes additionnels communaux (CAC) depuis au moins deux trimestres. Les CAC, qui représentent une taxe additionnelle équivalente à 10 % du montant des principaux impôts et taxes de l’État, constituent pourtant l’une des principales ressources des collectivités territoriales décentralisées. Ils servent notamment à couvrir les charges de fonctionnement, le paiement des personnels communaux et le financement des investissements locaux.
Le ralentissement de ces reversements a fragilisé la trésorerie de nombreuses municipalités, déjà confrontées à une faible mobilisation des recettes propres et à l’augmentation des dépenses liées aux compétences transférées dans le cadre de la décentralisation. Dans plusieurs communes, ces tensions se traduisent par des retards de paiement des agents municipaux, le ralentissement des projets locaux et des difficultés à assurer certains services de base.
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Institué dans le cadre des réformes de la fiscalité locale, l’Impôt général synthétique vise à simplifier l’imposition des petits contribuables du secteur informel et des activités de faible taille. Le dispositif fusionne plusieurs taxes en un prélèvement unique afin d’améliorer le rendement fiscal et d’élargir l’assiette des recettes locales.
Le ministère des Finances encourage d’ailleurs les exécutifs communaux à renforcer leur collaboration avec l’administration fiscale afin « d’élargir, consolider et sécuriser le fichier des contribuables » et d’améliorer les performances de collecte. Cette dynamique s’inscrit dans le chantier plus large de modernisation des finances locales engagé par le gouvernement, marqué notamment par la digitalisation progressive des paiements fiscaux et la création récente d’unités de suivi de la fiscalité locale dans les CTD, réduisant progressivement le rôle des exécutifs communaux dans la collecte des impôts. Au-delà des montants transférés, le gouvernement présente ces reversements comme un levier essentiel pour la mise en œuvre effective de la décentralisation. Le ministre des Finances assure ainsi que ses services restent mobilisés pour rendre les opérations de transfert « plus fluides et quasi instantanées ».









