L’Etat du Cameroun à travers le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu) a signé le 20 août 2024 à Yaoundé, une convention avec la Mission d’aménagement des terrains urbains et ruraux (Maetur). L’objectif visé est de préparer le site de Mbanga-Bakoko (région du Littoral) pour le mettre à disposition des promoteurs immobiliers à l’échelle nationale et internationale en vue de la création d’une zone d’habitat mixte et à caractère multifonctionnel. En effet, le gouvernement veut aménager les 7 hectares de terrain restants sur une superficie de 30 ha initialement disponible à Mbanga-Bakoko et dont les 23 premiers ha avaient été confiés à la Chine pour valorisation. Le budget estimatif de cette opération est de 5 milliards de Fcfa.
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A en croire le Minhdu, la principale mission de la Maetur est la mobilisation des fonds nécessaires pour lancer les travaux d’aménagement. Le bras séculier de l’Etat en matière d’aménagement se chargera aussi du montage technique et financier du projet, de la gestion générale du projet et des études diverses (géotechnique, impact environnemental, aménagement, etc.).
Visiblement, il y aura retour sur investissement dans la mesure où les travaux d'aménagement vont s’achever par la commercialisation des parcelles aménagées aux investisseurs privés qui en deviendraient acquéreurs. Il faut aussi noter que dans la loi de finances 2024, le Cameroun a instauré la collecte des recettes non fiscales issues du secteur de l’habitat et du développement urbain. Le promoteur immobilier doit par exemple payer une somme de 1,5 million par an au titre de l’obtention de l'agrément et 1 million de Fcfa pour le renouvellement dudit agrément.
Réduire le déficit de logements
La démarche du gouvernement vise certes à réduire le déficit de logement estimé à date à 2,5 millions de logements, mais le projet de construction sur les 7 derniers hectares non encore valorisés à Mbanga Bakoko ne va pas se réaliser avant août 2026. La raison, le Mindhu a donné un délai de 24 mois (2 ans) à la Maetur pour livrer ses prestations. Outre la vente des surfaces aménagées, l’entreprise à capitaux publics va s’occuper de : la réalisation des réseaux d’amenée d’eau potable et d’électricité avec l’appui des concessionnaires des réseaux ; revêtement des voies primaires en béton bitumineux, le Bornage des parcelles et élaboration des dossiers techniques, le drainage des eaux pluviales avec des caniveaux et des ouvrages de rejet en béton armé- alimentation en électricité, l’alimentation en eau potable, etc.
Pour Célestine Ketcha Courtes, « cette implication du secteur privé est synonyme d’un nouveau souffle qui sera insufflé par la préparation de plusieurs protocoles d’entente avec des partenaires prêts à accompagner l’Etat dans sa mission par la production en masse de logement ». Une manière de dévoiler implicitement, la capacité réduite de l’Etat à supporter à lui-seul, la construction des logements sociaux dans un contexte marqué à la fois par des répercussions des crises exogènes et endogènes.








