Au Cameroun, la charge fiscale sur le tabac ne s'élève qu'à 38,4 %, un niveau bien inférieur aux 70 % recommandés par l'OMS. Ce constat a été dressé lors des travaux menés du 22 au 24 juillet dernier à Mbankomo, dans la région du Centre, par l'Inspection générale des Services pharmaceutiques et des Laboratoires (IGSPL). Réunissant des responsables du ministère des Finances, des Directions générales des Douanes et des Impôts, du ministère de la Santé publique, ainsi qu'une équipe du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD), cette séance de travail a permis d'envisager plusieurs scénarios d'augmentation de la fiscalité afin de réduire progressivement le nombre de fumeurs d'ici trois ans.
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En effet, « une augmentation de la taxe spécifique de 5 000 FCFA à 10 000 FCFA pour 1 000 tiges de cigarettes en 2027 par exemple, induirait une hausse de la charge fiscale de 38,4 % en 2026 à 52 % en 2027, alors qu'elle atteindrait 65 % si la taxe était portée à 15 000 FCFA en 2028. De plus, ces mesures devraient contribuer à enregistrer 47 000 fumeurs en moins en 2027 et 65 000 fumeurs en moins en 2028 », prévoit le ministère de la Santé publique.
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Précisons que ces simulations ont été faites avec l'application du modèle TaXSIM, un logiciel de simulation fiscale développé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), permettant d'évaluer l'impact probable d'une modification de la structure des droits d'accise et/ou du niveau des droits d'accise sur plusieurs variables, notamment le prix des cigarettes, la consommation de cigarettes et les recettes des droits d'accise.
Elles ont révélé, selon les pouvoirs publics, qu'une taxe uniforme pour les produits locaux et importés serait conforme aux meilleures pratiques internationales. La réflexion, axée sur le thème « évaluer les impacts économiques et sanitaires de différents scénarios de réforme de la fiscalité des produits du tabac » afin d'éclairer les décisions des pouvoirs publics, intervient dans un contexte marqué par la hausse des importations de produits du tabac. Le nombre de consommateurs de tabac est en effet estimé à 1,3 million en 2025, soit 200 000 fumeurs de plus en un an, rapporte le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.
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Selon l'Institut national de la statistique (INS), les importations de cigares et cigarettes ont atteint 2 424 tonnes en 2025, pour une valeur de 14,145 milliards FCFA, soit une hausse de 19 % en volume et de 16,9 % en valeur par rapport à 2024. Les exportations de cigarettes, elles, restent modestes en comparaison : 165 tonnes pour 2,211 milliards de FCFA, mais avec une progression plus marquée, de 65,3 % en volume et 65,5 % en valeur sur la même période.
En dépit de cette évolution, la valeur des importations demeure près de 6,4 fois supérieure à celle des exportations. Cette dynamique commerciale s'inscrit dans un marché structuré autour de quelques opérateurs majeurs. Le marché camerounais des cigarettes est dominé par British American Tobacco (BAT), leader du secteur, aux côtés de Cameroon Tobacco Company (CTC), seul fabricant local, ainsi que de distributeurs de marques internationales comme SODISNI et Philip Morris International (PMI).
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Inès Marie Nga (stg)










