Réunie le 6 avril 2026 à N’Djamena, la BEAC a présenté les résultats de son exercice 2025, faisant état d’un bénéfice net de 300 milliards FCFA, contre 355 milliards FCFA en 2024, soit un recul de 18 %. Cette évolution intervient dans un environnement marqué par des tensions sur les réserves de change et un ralentissement de la croissance dans les six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et Centrafrique). Les comptes arrêtés par le Conseil d’administration doivent encore être ratifiés par le Comité ministériel de l’Union monétaire d’Afrique centrale (UMAC).
LIRE AUSSI : BEAC : les représentants du personnel dénoncent des tracts visant des dirigeants
Pour l’heure, aucune communication officielle sur les facteurs ayant favorisé cette performance. Mais storiquement, la BEAC tire l’essentiel de ses revenus des intérêts perçus sur les créances des États membres, des produits liés au compte d’opérations avec le Trésor français, ainsi que des intérêts issus des prêts accordés aux banques commerciales. À ces sources s’ajoutent les commissions sur les transferts de fonds, les gains de change, les revenus des placements financiers, ainsi que les plus-values réalisées sur les cessions d’or. Depuis 2023, la banque centrale place également une partie de ses avoirs à la Banque mondiale dans le cadre du programme RAMP (Reserve Advisory and Management Program). Ces différentes sources de revenus restent toutefois étroitement liées aux conditions de marché et aux orientations de politique monétaire, notamment celles de la Banque centrale européenne.
LIRE AUSSI : CEMAC : la BEAC maintient son taux directeur à 4,75 % malgré une croissance attendue à 2,9 %
Sur le plan monétaire, la BEAC a relevé en décembre 2025 ses principaux taux directeurs de 25 points de base, à l’issue d’une session du Comité de politique monétaire tenue à Yaoundé. Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) est ainsi passé de 4,5 % à 4,75 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal a été porté de 6 % à 6,25 %. Cette décision s’inscrit dans un cycle de resserrement engagé depuis fin 2021, après une suspension temporaire en mars 2025 visant à soutenir le financement de l’économie. Parallèlement, la banque centrale a validé l’introduction d’un QR Code communautaire pour sécuriser et fluidifier les paiements dans la sous-région.
LIRE AUSSI : CEMAC : les taux des obligations du Trésor grimpent frôlent 11%, un pic sur le marché régional
Si le bénéfice net constitue un indicateur comptable, il ne reflète que partiellement la performance d’une banque centrale. La BEAC n’a pas pour vocation première de générer du profit, mais d’assurer la stabilité monétaire et financière de la zone. Celle-ci se mesure notamment par le maintien de l’inflation autour de 3 % et par un niveau de réserves extérieures couvrant au moins trois mois d’importations. Dans ce contexte, les résultats de 2025 s’inscrivent dans un environnement où les équilibres macroéconomiques demeurent sous pression, renforçant le rôle central de la BEAC dans la régulation monétaire et la stabilité financière de la CEMAC.








