S&P Global ratings, vient de commettre une analyse financière des Etats de la CEMAC dans la mobilisation des financements extérieurs cette année. Selon l’agence américaine qui précise que ce travail ne constitue pas une notation, les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RCA et Tchad), baignent dans un contexte financier particulier.
De fait, pour ce qui est du cas du Gabon par exemple, S&P Global, rappelle que depuis le 13 janvier 2025, ses décaissements attendus de la Banque mondiale ont été suspendus, suite à l’accumulation d’arriérés de paiements de 17 milliards de Fcfa. Du coup, le pays ne disposant pas d’un accord de Facilité élargie de crédit avec le FMI, il lui sera difficile d’aller vers des partenaires bilatéraux ou multilatéraux en vue d’assurer le financement de ses besoins de trésorerie.
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Mais à Libreville, où le directeur des opérations de la Banque mondiale et le Premier ministre de la Transition se sont rencontrés le 29 janvier 2025, on indique que le pays n’a pas été suspendu. D’ailleurs, la situation est sur le point d’être réglée. De plus, il est possible que le pays et le FMI parviennent à un accord mais pas avant le scrutin du 12 avril prochain. Toujours est-il que les marges de manœuvre du Gabon s’en trouvent limitées du fait de cette situation.
Des fonds insuffisants
Côté congolais et camerounais, bien que disposant d’un accord avec le FMI, ces deux Etats vivent les derniers mois de leurs programmes respectifs (avril pour le Congo et juillet pour le Cameroun). Seulement, souligne l’agence, des incertitudes demeurent quant à la conclusion d’une prorogation de ces derniers dont celui du Cameroun d’une durée de18 mois, adossé à la Facilité de résilience et de durabilité d’un montant de 183 millions de dollars.
Le Tchad et la Guinée équatoriale ne disposent pas de programme tandis que la RCA, malgré son accord avec le Fonds, est peu exposé. Du coup, le seul recours des Etats reste le marché des titres publics où, au premier semestre 2025, ils comptent lever 1317 milliards de Fcfa. Pourtant, ce marché, peu développé avec une liquidité peu abondante, n’a jamais été autant sollicité que ces deux dernières années. Rien qu’en 2023, 4 336 milliards de Fcfa ont été levés dans la Cemac, sur des émissions totales de plus de 7150 milliards de Fcfa. Une situation qui amène généralement les Etats à s’adresser au marché international des capitaux pour financer les déficits et les projets de développement.
« Par conséquent, le financement incertain du FMI, compte tenu de l’expiration des programmes avec le Cameroun et le Congo-Brazzaville (280 millions de dollars de décaissements au total pour 2024), dans un contexte de suspension des décaissements de la Banque mondiale au Gabon, obligera les États à recourir davantage au financement intérieur pour refinancer la dette extérieure », prédit l’agence américaine.
Dépendance accrue
Cette option a déjà mis la sous-région en porte-à-faux avec le FMI lorsque le Gabon, en 2024, a décidé de financer le remboursement d’une partie de son eurobond de 2015 en monnaie locale. Ce qui illustre la dépendance de plus en plus grande des Etats ces dernières années au financement intérieur qui, il y a huit ans, constituait seulement 8% contre plus de 20% de leur encours total de dette en 2023. Cette dépendance, prévient S&P, irait en s'intensifiant si les gouvernements ne parviennent pas à obtenir suffisamment de financements extérieurs.
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Dans le même temps, entre l’offre et la demande, il y a un écart considérable. Alors que le marché offrait 201% de possibilités de financement, celles-ci affichent 44% en octobre 2024 dans un contexte où les banques sont exposées à hauteur de 28% à la dette souveraine des Etats au cours de l’exercice éponyme, contre 14% en 2017. Toutefois, assure l’agence, les besoins de financements du Cameroun, du Tchad et du Congo ne dépasseront guère 4,1% de leur PIB en raison de la faiblesse des déficits budgétaires.
Des stratégies annoncées
Pour atténuer la pression sur les liquidités en zone CEMAC, S&P Global ratings préconise la conclusion d’accords entre le FMI et les pays de la sous-région. « L’obtention d’un financement du FMI permettrait d’obtenir un financement extérieur à des conditions d’emprunt favorables et de stimuler le soutien d’autres institutions internationales, ce qui atténuerait la pression sur les liquidités dans la CEMAC et éviterait une pression supplémentaire sur un marché régional saturé ».
La perspective de la conclusion de ces accords est plus que favorable dans la mesure où elle est contenue dans le communiqué final qui a sanctionné la réunion des chefs d’Etat de la CEMAC en décembre dernier à Yaoundé. De plus, le Gabon est en cours de négociation d’un programme avec le FMI tandis que, d’après S&P Global, le Cameroun et le Congo vont négocier une rallonge de leur programme, question d’obtenir de nouveaux financements de la communauté des bailleurs de fonds.









