(AFP) Le principal opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuélé a annoncé à l'AFP avoir déposé une plainte mercredi auprès du Comité des droits de l'Homme de l'ONU, contre la perte de sa nationalité centrafricaine prononcée par un tribunal de Bangui mi-octobre.
"J'attends [de cette plainte] que ma nationalité et mon passeport me soient restitués et de pouvoir me présenter aux élections" a déclaré mercredi à l'AFP, sans autre détail, M. Dologuélé qui a déposé le 8 octobre sa candidature à la présidentielle prévue le 28 décembre.
La justice centrafricaine "subit des pressions. Elle a besoin d'un coup de main international", a ajouté, sans autre détail, M. Dologuélé, arrivé deuxième de la présidentielle de 2020 derrière Faustin-Archange Touadéra, alors réélu au 1er tour. Les décisions du Conseil des droits de l'Homme ne sont pas contraignantes juridiquement et le plaignant doit avoir épuisé toutes les voies de recours locales pour que sa plainte soit recevable.
Le 16 octobre, huit jours après le dépôt de sa candidature, un tribunal de Bangui a estimé que Anicet-Georges Dologuélé, qui avait acquis la nationalité française en 1994, n'était plus Centrafricain, invoquant une disposition du code de la nationalité de 1961 qui dispose que "tout Centrafricain qui acquiert une nationalité étrangère perd la nationalité centrafricaine".
M. Dologuélé avait renoncé en août à sa nationalité française afin de se conformer à la Constitution qui depuis une révision en 2023 interdit désormais aux binationaux de briguer la présidence.
Cette révision, adoptée par référendum, a aussi levé la limitation du nombre de mandats, permettant ainsi au président Touadéra d'en briguer un troisième. Président de l’Union pour le Renouveau centrafricain (Urca), M. Dologuélé dénonce un "acharnement" contre sa personne et conteste l'application de l'article du code de la nationalité.
"On ne peut pas rendre quelqu'un apatride", a-t-il expliqué à l'AFP, "et après, qu'est-ce qui va arriver, ils vont m'arrêter?". Ses avocats ont déposé la plainte mercredi à Genève. "Le pouvoir en place tente de confisquer la démocratie, nous engagerons toutes les voies de droit pour mettre fin à cette dérive dictatoriale", a déclaré Me Robin Binsard à l'AFP.
Le Conseil constitutionnel doit valider la liste des candidats à la présidentielle le 16 novembre au plus tard. Quelque 2,3 millions d'électeurs sont attendus aux urnes le 28 décembre pour un quadruple scrutin (présidentiel, législatif, régional et municipal), selon l'Autorité nationale des Elections.
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