En 2025, le ciel centrafricain a enregistré une forte progression, stimulée par le lancement des opérations d'Afrijet. . Selon les données de l'Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) compilées dans la dernière note de conjoncture du Comité national économique et financier (CNEF), le trafic global a atteint 276 793 passagers à fin décembre, contre 239 349 un an plus tôt, soit une hausse de 15,6 %. Cette embellie s’explique par deux facteurs : « l’organisation à Bangui des réunions internationales de haut niveau au cours de la période sous revue et le démarrage en début mars 2025, des vols directs entre Bangui et Libreville par la compagnie Afrijet », note le rapport.
En effet, en ouvrant cette ligne directe, la compagnie relie deux capitales de la Cemac totalisant un marché potentiel de 9,7 millions d'habitants. Si la compagnie n'a plus rendu public son bilan opérationnel depuis 2022 ; année où elle déclarait 210 000 passagers transportés, cette nouvelle offre structure un marché autrefois embryonnaire. Dans le détail, le trafic purement commercial a bondi à 174 791 passagers (+15,7 %) pour 5 544 vols (+17,4 %), majoritairement portés par les liaisons internationales. De son côté, le trafic non commercial (vols humanitaires, militaires ou privés) affiche aussi une progression importante avec 102 002 voyageurs (+15,5 %) et 6 268 mouvements (+19,2 %).
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Bien que les statistiques confirment une réelle évolution, le secteur se heurte aux réalités d'un écosystème centré sur l'unique aéroport international de Bangui M’Poko. La Banque des États de l'Afrique centrale (Beac) pointe six freins structurels majeurs impactant la rentabilité des opérateurs. On note entre autres, le coût prohibitif des taxes aéroportuaires, les contraintes d'approvisionnement en carburant (Jet A1 et Avgas), la faible rentabilité intrinsèque des lignes, l'étroitesse de l'aérogare, les coupures d'électricité récurrentes et l'engorgement des salles d'embarquement. Des faiblesses logistiques et financières qui pèsent sur les marges des transporteurs et découragent certains investissements.
Ces difficultés avaient d'ailleurs pesé sur la décision d'Air France, opérateur historique, de suspendre sa ligne directe Paris-Bangui le 31 janvier 2025 (invoquant un manque de rentabilité, des coûts élevés et l'interdiction de survol du Niger). Les abonnés de la compagnie transitent désormais par Yaoundé, s'appuyant sur un partenariat stratégique de correspondances entre la compagnie tricolore et Afrijet.
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En s'imposant sur ce segment sans escale face à une concurrence régionale faible (Camair-Co n'opérant pas de liaison directe), Afrijet consolide ses parts de marché. À court terme, les perspectives demeurent haussières. Le CNEF avait anticipé un nouveau pic d'activité pour l'année 2026, généré par l'investiture présidentielle intervenue en mars dernier.
Cette dynamique s'observe également sur les mouvements d’avions (11 812 vols cumulés, +18,3 %) et le fret (2 547 tonnes, +12,4 %). « Cette évolution est essentiellement en rapport avec l’organisation à Bangui de réunions internationales de haut niveau au cours de la période sous revue et le démarrage en début mars 2025, des vols directs entre Bangui et Libreville par la compagnie Afrijet », précise le document.
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