Alors que le commerce intra-africain a progressé de 12,4 % en 2024 pour atteindre 220,3 milliards USD, l’Afrique centrale reste à la traîne. C’est le constat sans appel dressé par le Rapport sur le commerce africain 2025, présenté le 25 juin à Abuja lors des 32e assemblées générales annuelles d’Afreximbank.
Avec une contribution inférieure à 10 % dans le commerce intra-africain, la région qui comprend l’Angola, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, Sao Tomé-et-Principe et le Tchad, demeure marginale. Seules la RDC (11,4 milliards USD d’échanges intra-africains) et l’Angola (7,29 milliards USD exportés) émergent comme acteurs dynamiques, portés par leur position géographique et leur puissance pétrolière.
En revanche, le Cameroun, pourtant leader économique de la CEMAC, affiche des performances modestes avec à peine 44 millions USD exportés vers le continent pour 75 millions USD d’importations, représentant une contribution de seulement 0,58 % au commerce intra-africain total. À elle seule, la Côte d’Ivoire pèse 3,84 %, dépassant largement les six pays de la CEMAC réunis (2,59 %).
Un potentiel commercial sous-exploité
Selon Afreximbank, l’Afrique centrale pourrait tirer bien davantage profit du marché africain. La région a la capacité d’exporter 2,3 milliards USD de plus par an vers ses partenaires africains, si elle exploitait pleinement son potentiel. Cette estimation repose sur la capacité de production, la demande régionale, et les conditions d’accès aux marchés.
Le potentiel inexploité se concentre notamment sur les produits chimiques (150 millions USD), les métaux (240 millions), le bois (44 millions) et les ressources minérales (3 millions). Le manque d’infrastructures logistiques (routes, ports, chemins de fer…), les obstacles réglementaires et douaniers, la faible capacité de transformation industrielle et un accès limité au financement du commerce, surtout pour les PME, justifient cette faible exploitation du potentiel du commerce intrafricain pour les pays d’Afrique centrale.
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En matière de débouchés, l’Afrique centrale pourrait exporter jusqu’à 1,2 milliard USD de marchandises en plus vers l’Afrique australe. Suivent l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Est (400 millions USD chacune), puis l’Afrique de l’Ouest (200 millions USD). Cependant, le commerce intra-zone Afrique centrale reste très faible et son potentiel non réalisé est estimé à seulement 100 millions USD. Cela reflète un sous-développement des corridors commerciaux, de l’inexistance des infrastructures, et d’un déficit d’intégration politique.
« Malgré la part relativement modeste de la région dans le commerce continental, l'Afrique centrale revêt une importance stratégique dans la fourniture d'intrants industriels à travers les bases manufacturières croissantes de l'Afrique. Accroître cette opportunité pourrait être essentiel pour repositionner l'Afrique centrale en tant que centre commercial plus connecté et plus compétitif ».











