À 8 jours de la présentation officielle du projet de loi de finances 2026 au Parlement, le gouvernement du Congo a organisé il y a quelques jours, à Brazzaville, une rencontre avec les acteurs du secteur privé. Cette réunion stratégique visait à exposer les grandes orientations fiscales prévues et à recueillir les suggestions des opérateurs économiques afin d’adapter le texte aux réalités économiques et aux directives régionales de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Au cœur des discussions, la réforme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP). Le gouvernement prévoit sa suppression au profit de quatre impôts distincts : impôt sur les traitements et salaires, impôt sur le revenu des capitaux mobiliers, impôt sur le revenu foncier et impôt sur le bénéfice d’affaires. Le régime de foyer fiscal disparaît, ce qui implique que l’imposition ne tiendra plus compte de la situation familiale, du nombre d’enfants ou de l’état civil. L’objectif annoncé est de simplifier le système fiscal tout en réduisant les taux et en élargissant l’assiette fiscale, afin de mobiliser davantage de recettes et améliorer l’équité.
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Pour 2026, le gouvernement ambitionne une augmentation de 17% des recettes fiscales par rapport à 2025, tandis que la croissance des dépenses sera limitée à 3%, afin de mieux maîtriser l’endettement public. L’enjeu principal reste de trouver un équilibre entre mobilisation des ressources, compétitivité économique et respect des contraintes régionales. Les opérateurs économiques ont formulé plusieurs recommandations pour rendre le dispositif fiscal plus prévisible et transparent. Ils ont notamment suggéré de cibler les contrôles fiscaux selon le risque, plutôt que de manière généralisée, afin de réduire la charge administrative sur les entreprises. Ils ont également demandé de limiter l’intéressement des agents de contrôle, d’alléger certains droits d’accise, notamment sur les boissons sucrées et le tabac, et de détaxer les compléments alimentaires. La possibilité de céder des crédits d’impôt à des tiers a été évoquée pour renforcer la liquidité des entreprises, et la généralisation de la télédéclaration et du paiement en ligne a été encouragée pour simplifier les procédures et réduire les coûts administratifs.
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Ces échanges témoignent de la volonté du gouvernement de construire une réforme fiscale concertée, capable de renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables, tout en soutenant l’investissement privé et la compétitivité des entreprises. Dans ce cadre, l’État prévoit la mise en place d’un « pacte fiscal », incluant des séances de suivi régulières et des colloques pour consolider le dialogue avec le secteur privé et assurer une application efficace des nouvelles mesures. Le projet de loi de finances 2026 sera présenté au Parlement le 15 octobre 2025. Les ajustements effectués à l’issue des échanges avec le secteur privé permettront d’aboutir à un texte équilibré, conciliant les besoins de financement de l’État, le développement économique et la modernisation du système fiscal, tout en renforçant la transparence et la confiance des contribuables. Avec cette réforme, le gouvernement entend créer un cadre fiscal stable, prévisible et adapté aux réalités économiques, capable de soutenir la croissance, de sécuriser les recettes publiques et de favoriser l’investissement.
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