Au Congo, le poisson salé, le riz et le lait vont bénéficier d’un taux réduit de 5 % des droits de douanes et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à l’importation, « à l’exception de de la redevance informatique et des taxes communautaires ». La note circulaire du ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public Christian Yoka publiée ce 26 février 2025 (et signée le 6 février 2025, Ndlr) précise que la décision valable jusqu’au 31 mars 2025 vise à « maintenir des coûts abordables pour certains produits alimentaires et protéger ainsi le pouvoir d'achat des populations les plus vulnérables ».
Mais au-delà de cette raison, cette politique pourrait se percevoir par le souci de Libreville d’anticiper sur les prévisions qui placent le taux d’inflation du Congo au-dessus du seuil de 3% défini au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Selon le Fonds monétaire international(FMI), le pays de Denis Sassou Nguesso enregistrerait en 2025, un taux d’inflation de 3,6% juste derrière le Tchad qui afficherait 3,7%. Pour la Banque africaine de développement (BAD), le Tchad devrait enregistrer un taux d’inflation de 4,1%suivi du Cameroun (3,7%) puis du Congo (3,3%).
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Dans le milieu des affaires au Congo, les facilités accordées aux opérateurs économiques pour importer les produits de grande consommation supra indiqués, sont louables. Cependant, l’on redoute l’attitude « véreuse » de certains d’entre eux qui pourraient jouir du privilège sans que l’on assiste à une baisse réelle des prix de vente sur le marché. Mieux encore, certains pourraient en profiter pour réexporter les produits vers d’autres pays et multiplier les bénéfices.« Cette mesure est une bonne initiative pour lutter contre la vie chère, mais son efficacité dépendra de sa mise en œuvre et de la surveillance du marché. Il serait pertinent d’accompagner cette réduction de taxes par des contrôles stricts et une sensibilisation des commerçants et consommateurs »,commente un expert.
Il convient de souligner qu’une réduction des coûts d’importation induit une diminution des recettes pour l’État. Dès lors, il reste à évaluer si la perte fiscale sera compensée par une augmentation considérable des volumes importés ou par d’autres sources de revenus.



