Le gouvernement congolais a ouvert le commerce extérieur des carburants à un nouvel opérateur. Par arrêté du 6 juillet 2026, le ministre des Hydrocarbures, Stev Simplice Onanga, a accordé à Petrodys SARL un agrément pour exercer des activités d’importation, d’exportation, de transit et de réexportation des hydrocarbures raffinés. Délivrée pour trois ans renouvelables, cette autorisation permet à l’entreprise d’acheter des produits pétroliers raffinés à l’étranger, de les introduire sur le marché congolais ou de les réacheminer vers d’autres pays. L’agrément est incessible et ne peut être ni transféré ni loué.
Petrodys est pourtant un acteur encore peu connu du secteur. Constituée à Pointe-Noire en juin 2025 sous la forme d’une société à responsabilité limitée unipersonnelle, l’entreprise dispose d’un capital social de seulement un million de FCFA. Son objet couvre la vente et la distribution de carburants, les services pétroliers onshore et offshore ainsi que diverses prestations connexes. Les documents publics consultés ne précisent toutefois ni l’identité de son associé unique ni celle de son dirigeant.
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Cet agrément intervient dans un contexte où le Fonds monétaire international (FMI) appelle Brazzaville à ouvrir davantage le marché de l'approvisionnement en carburants. Dans un rapport d'assistance technique publié en 2024, l'institution souligne que la SNPC conserve un « monopole de fait » sur les importations, alors que les textes permettent déjà aux opérateurs privés agréés d'importer des produits raffinés avec l'autorisation du ministère des Hydrocarbures.
Une brèche dans le monopole de fait de la SNPC
L’arrivée de Petrodys sur le segment des importations intervient dans un marché dominé par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Bien que les textes autorisent les opérateurs privés agréés à importer des produits raffinés, la compagnie publique reste, dans les faits, l’unique importateur et fournisseur des distributeurs de carburants.
Dans un rapport d’assistance technique consacré au secteur pétrolier aval, le Fonds monétaire international relevait que cette position hégémonique de la SNPC ne résultait pas d’un monopole légal. Lorsque la production de la Congolaise de raffinage (Coraf) ne suffit pas à satisfaire la demande, les opérateurs privés peuvent théoriquement importer des carburants après autorisation du ministère des Hydrocarbures. Mais le système de prix administrés rend ces opérations peu attractives : les importateurs doivent revendre les produits au prix officiel, même lorsque leur coût d’achat est supérieur.
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Cette situation a conduit la SNPC à jouer depuis plusieurs années le rôle d’« importateur en dernier recours », en prenant à sa charge le risque lié aux fluctuations des cours internationaux afin d’éviter les pénuries. La raffinerie nationale ne couvre en moyenne qu’environ 60 % de la consommation du pays, les 40 % restants étant satisfaits par les importations. Le marché congolais absorbe environ 60 millions de litres de produits pétroliers raffinés par mois, contre 52 millions en 2018. Le gazole représente 58 % de la consommation, devant le supercarburant, à 33 %, et le carburant aérien Jet A1, à 8 %. La hausse de la demande est principalement portée par le gazole, largement consommé par les entreprises industrielles.
Selon le FMI, ce manque de concurrence résulte notamment du système de prix administrés, qui décourage les opérateurs privés lorsque leurs coûts d'approvisionnement dépassent les prix officiels de revente. L'institution recommande d'organiser des appels d'offres concurrentiels et de mettre fin au monopole de fait de la SNPC, estimant qu'une telle réforme pourrait générer un gain budgétaire équivalant à 0,3 % du PIB par an. L’agrément accordé à Petrodys pourrait ainsi signaler une volonté d’élargir le nombre d’opérateurs capables d’approvisionner le marché. Les produits importés devront en outre transiter par les infrastructures de la Société commune de logistique (Sclog), qui détient la totalité des capacités de stockage massif du pays. Ses huit dépôts offrent une capacité cumulée de 97 000 mètres cubes, dont près de 70 % sont concentrés à Pointe-Noire.
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