Au premier trimestre 2026, la République du Congo a vu sa facture d'importation de produits pétroliers plus que doubler, atteignant 39,5 milliards de FCFA contre 19,1 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 106,1 %. Cette progression intervient alors même que la production de la raffinerie nationale affiche une forte croissance de 23,6 %, selon le dernier rapport de conjoncture économique du pays. Un paradoxe qui illustre les déséquilibres persistants entre la production locale et les besoins du marché intérieur.
La situation s'explique par la structure même du raffinage congolais. Au cours des trois premiers mois de l'année, la Congolaise de raffinage (Coraf) a accru ses achats de pétrole brut à 1,5 million de barils (+12,9 %), pour une valeur de 65,3 milliards de FCFA. Cette montée en puissance a permis d'augmenter les ventes sur le marché intérieur de 46,1 % en volume, notamment grâce au gaz butane (+176,8 %) et au gasoil (+32,6 %).
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En revanche, certains produits demeurent insuffisamment couverts par la production nationale. C'est notamment le cas de l'essence légère, dont la production a reculé de 15,3 % sur un an. Cette situation continue d'alimenter les importations de carburants destinées à satisfaire la demande intérieure, malgré la progression globale de l'activité de raffinage.
Un effet ciseau sur les échanges
Alors que les importations de produits pétroliers s'envolent, les recettes tirées des exportations de produits raffinés reculent. Au premier trimestre 2026, elles se sont établies à 31,6 milliards de FCFA, contre 39,1 milliards un an auparavant, soit une baisse de 19,3 %.
La hausse des exportations de fuel lourd (+41,6 %), qui ont généré 27,4 milliards de FCFA, n'a pas suffi à compenser le recul des autres produits raffinés, dont les ventes à l'étranger ont chuté de 31 % pour s'établir à 14,2 milliards de FCFA.
Au-delà du seul Congo, cette situation met en évidence une réalité commune à plusieurs pays producteurs de pétrole d'Afrique centrale. Malgré leurs ressources en brut, nombre d'entre eux continuent de dépendre des importations pour couvrir leurs besoins en carburants légers, tandis que leurs raffineries demeurent davantage orientées vers la production de produits lourds destinés aux marchés extérieurs.

