En Guinée équatoriale, le gouvernement vient de clôturer un programme global de renforcement de 113 micro, petites et moyennes entreprises (MPME). La seconde et dernière phase dudit programme, organisée à Malabo du 19 au 27 août 2026, a réuni 65 entreprises - après les 48 accompagnées à Bata du 8 au 21 juillet dernier - autour d'axes stratégiques, notamment les questions de formalisation, de gestion financière et opérationnelle, et de marketing. L'initiative, appuyée par la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avait pour objectif de « renforcer les capacités techniques, administratives et financières des entreprises, utiles pour améliorer leur compétitivité et à faciliter leur accès au financement, aux marchés et à de nouvelles opportunités de croissance », indique la communication officielle du gouvernement.
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À Malabo, les 65 entreprises bénéficiaires provenaient de 11 branches. Les services arrivent en tête avec 14 entreprises, devant l'agroalimentaire (13) et la technologie (7). L'économie créative, les cosmétiques, le tourisme, l'agriculture, l'élevage, le commerce, l'éducation, la construction, la pêche et la logistique figuraient également parmi les activités représentées. À l'échelle des deux villes, l'agriculture et l'agroalimentaire constituent le premier pôle avec 31 entreprises, soit 27,4 % des bénéficiaires, suivis des services avec 29 entreprises (25,7 %) et des activités technologiques avec 9 entreprises (8 %). Cette orientation rejoint les secteurs identifiés par la BAD comme présentant un potentiel de diversification pour la Guinée équatoriale, notamment l'agriculture, la pêche, le tourisme et l'économie bleue.
L'un des principaux résultats ciblés a été la sortie progressive de l'informalité. Sur les 113 entreprises accompagnées, 82, soit 72,6 %, sont maintenant formalisées, « tandis que 31, soit 27,4 %, opèrent encore dans l'informel ou sont en cours de formalisation », ajoute le compte rendu du gouvernement. À Bata, la capitale économique, 77,1 % des entreprises participantes étaient déjà formalisées. À l'issue d'une enquête de satisfaction, 95,3 % se sont déclarées aptes à renforcer leur activité, et 100 % ont déclaré disposer de « plus grandes capacités pour identifier leurs besoins en financement ».
Ces résultats revêtent un sens particulier dans un pays où la formalisation du tissu productif reste un défi majeur. En 2025, le taux d'informalité des petites et moyennes entreprises (PME) était estimé à environ 70 % selon la plateforme AfricaPaieRH. Une réalité qui ralentit de toute évidence l'économie nationale, comme dans plusieurs autres pays de la zone CEMAC. En Centrafrique par exemple, le secteur informel représente 46 % du PIB national, estimé à 1 737 milliards de FCFA à fin 2025, et pourtant ne contribue qu'à environ 12 % des recettes fiscales du pays, selon une étude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), citée par la BAD.
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Pour Malabo, l'enjeu dépasse la seule mise à niveau de 113 entreprises. Il touche surtout la capacité du pays à se construire des relais de croissance en dehors du secteur pétrolier. En 2025, le PIB national s'est contracté de 6 %, après une croissance de 0,9 % en 2024, sous l'effet notamment d'une baisse de 16,8 % de la production pétrolière. Pendant ce temps, le secteur non pétrolier, lui, a progressé de 2,3 %, selon la BAD. Dans ce contexte, renforcer les PME dans l'agriculture, l'agroalimentaire, les services, la technologie, la pêche ou le tourisme revient à élargir progressivement la base productive et fiscale du pays, pour atteindre ses objectifs de développement.









