Le groupe agro-industriel CotonTchad SN, principal acteur de la filière cotonnière tchadienne et contrôleur de l’ensemble de la chaîne locale de production et de commercialisation du coton, traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Selon les données de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED), les exportations de coton graine de l’entreprise se sont établies à 7,7 milliards FCFA en 2025 pour environ 22 000 tonnes commercialisées. Ces performances traduisent une chute de plus de 50 % en valeur comme en volume par rapport aux 45 622 tonnes exportées un an plus tôt pour 16,1 milliards FCFA. Sur cinq ans, le recul des exportations atteint même 82 %, illustrant l’affaiblissement progressif d’une filière autrefois stratégique pour l’économie tchadienne.
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Cette contre-performance a fortement réduit le poids du coton dans les recettes d’exportation du pays. La contribution de la filière est passée de 4 % des exportations nationales en 2020 à seulement 0,6 % en 2025, selon l’INSEED. Une dégradation qui reflète les difficultés structurelles auxquelles le secteur est confronté depuis plusieurs années.
Production en berne
D’après l’INSEED, les activités de CotonTchad SN « ont succombé à la fragilité persistante du secteur ». Depuis fin 2018, la production nationale de coton ne cesse de reculer. Elle a atteint en 2024 son niveau le plus faible des dernières années, avec seulement 57 774 tonnes produites.
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Une légère reprise a toutefois été observée au cours de la campagne 2025-2026. Selon Ibrahim Malloum, directeur général de CotonTchad SN, la production devrait avoisiner 150 000 tonnes. Mais cette amélioration reste insuffisante pour inverser durablement la tendance. Les exportations continuent d’être pénalisées par la faiblesse des capacités locales de transformation industrielle et par une intégration encore limitée du Tchad dans les chaînes de valeur régionales.
Des revenus sous pression
Cette situation fragilise davantage CotonTchad SN, dont près de 80 % du chiffre d’affaires dépend des exportations. Selon les dernières données disponibles, les revenus de la société ont chuté de plus de 35 % à 33 milliards FCFA en 2023. En difficulté depuis près de deux décennies, l’entreprise avait pourtant fait l’objet d’une importante restructuration en 2018 avec l’entrée du groupe singapourien Olam Group, qui avait repris 60 % du capital dans l’objectif de relancer la production et moderniser la filière. Mais les résultats attendus tardent encore à se matérialiser.
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Face à l’ampleur des difficultés, les actionnaires de la société, dont l’État tchadien qui détient 40 % du capital, envisagent désormais une nouvelle restructuration afin de redynamiser l’ensemble de la filière cotonnière, longtemps considérée comme l’un des principaux leviers de diversification économique d’un pays encore fortement dépendant des hydrocarbures. Le sujet a notamment été examiné lors du Conseil ordinaire des ministres du 12 février 2026.
Le coton demeure néanmoins l’un des principaux produits d’exportation du Tchad aux côtés des hydrocarbures, du bétail et des céréales. Le Cameroun reste le principal débouché du coton tchadien avec 85,6 % des exportations totales, devant la France (14,1 %) et le Nigeria (0,3 %).








