La filière cotonnière tchadienne retrouve des couleurs. Selon les données présentées par le directeur général de Cotontchad SN, Ibrahim Malloum, à l’occasion des Journées bilan agricole tenues du 20 au 24 avril 2026 à Moundou, la production de coton graine a atteint 150 000 tonnes au cours de la campagne 2025-2026. Un niveau en forte progression, en hausse de 92 226 tonnes par rapport aux 57 774 tonnes enregistrées lors de la campagne précédente.
Selon les informations relayées par le média gouvernemental tchadien, ce rebond s’explique principalement par l’amélioration significative des rendements agricoles. Ceux-ci sont passés de 424 kg par hectare au cours de la campagne 2024-2025 à environ 900 kg un an plus tard, grâce notamment à « une meilleure qualité des semences ».
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Malgré cette reprise, les résultats demeurent inférieurs aux attentes des autorités, qui visaient 200 000 tonnes pour la campagne 2025-2026. D’après Ibrahim Malloum, cet écart s’explique par « un retard des pluies entraînant des semis tardifs, la dégradation des sols, ainsi que des infestations parasitaires (jassides) affectant le potentiel de production ».
À ces contraintes s’ajoutent des tensions financières. Le prix d’achat du coton graine a été fixé à 233 FCFA/kg pour la campagne 2025-2026, contre 280 FCFA/kg un an plus tôt. Pour compenser cette baisse et éviter la démotivation des producteurs, l’État s’est engagé en 2025 à verser une subvention de 47 FCFA/kg, soit environ 4,7 milliards FCFA. Mais ces fonds n’ayant pas encore été débloqués, la société cotonnière du Tchad affirme rencontrer des difficultés pour honorer ses engagements vis-à-vis des producteurs.
Un secteur stratégique sous pression
La filière coton demeure un pilier économique et social majeur, faisant vivre plus de 3,5 millions de personnes. Conscient des enjeux, le directeur général de Cotontchad a plaidé pour un appui renforcé de l’État, notamment pour apurer les arriérés de subventions et soutenir les producteurs.
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Dans cette optique, l’entreprise a engagé des concertations avec les différents acteurs du secteur, dont l’ITRAD et l’ANADER, afin d’identifier des solutions durables. L’objectif est de consolider les acquis récents et de relancer durablement une filière encore fragilisée, mais essentielle pour les équilibres économiques du pays.










