Depuis son lancement le 12 avril 2023, la Couverture santé universelle (CSU) a mobilisé au Cameroun une enveloppe globale de 318 milliards FCFA en trois ans. Ce financement est assuré à hauteur de 54% par l'État, soit 171,6 milliards FCFA, tandis que les 46% restants proviennent des partenaires techniques et financiers, dont l'identité n'a pas été précisée dans le rapport du ministère de l'Économie sur l'évaluation à mi-parcours de la SND30.
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En effet, la phase I, qui couvrait les régions de l'Extrême-Nord, de l'Adamaoua, du Nord, du Sud et de l'Est, a nécessité 95,9 milliards FCFA en 2023. En 2024, l'extension du programme aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a porté le budget annuel à 123 milliards FCFA, puis, 99 milliards FCFA pour l'exercice2025. « Les principales interventions mises en œuvre sont : le chèque santé qui apporte une protection financière aux femmes enceintes et nouveau-nés en réduisant à 6 000 FCFA le suivi de la grossesse jusqu'à l'accouchement ; le traitement gratuit du paludisme simple et grave pour les enfants de moins de5 ans ; la prise en charge gratuite du VIH/SIDA, menacée depuis le début de l'année 2025, parle retrait de certaines subventions ; et le forfait annuel de 15 000 francs pour le traitement des personnes sous dialyse ».
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Au niveau statistique, le gouvernement a recensé plus de 3,9 millions de personnes enregistrées à la fin mars 2025, atteignant ainsi 91 % de l'objectif annuel fixé. La phase pilote de la CSU a prioritairement ciblé les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, facilitant leur accès aux soins essentiels. Concernant les services offerts, plus d'un million de femmes ont bénéficié de consultations prénatales, 281 ont été assistées lors de leur accouchement et 110 000 patients enrôlés pour l'hémodialyse suivent désormais régulièrement leurs séances de traitement. Le rapport du Minépat souligne également qu'en matière de santé maternelle et infantile, plus de 400 000 enfants de moins de 5ans ont reçu « gratuitement » un traitement contre le paludisme, tandis que 1,3 million de femmes enceintes ont bénéficié d'une supplémentation en fer et 647 451 d'un traitement préventif antipaludique. Enfin, s'agissant des maladies chroniques, 481 000 patients vivant avec le VIH et 25 701personnes souffrant de tuberculose bénéficient d'une prise en charge « gratuite ».
Appel à la réforme la CSU
Malgré ces lourds investissements, le rapport du ministère de l’Économie déplore que l’«indice de couverture des services essentiels est toujours faible ». Pour preuve, cet indicateur « est passé de 43 en 2019 à 44 en 2021 sur une échelle de 0 à 100 (Tracking UHC Data Base, 2023) ». Le document souligne également que « les services essentiels actuellement couverts par la CSU au Cameroun sont restreints dans le panier de la phase 1 ». La situation est tout aussi préoccupante concernant la protection financière des ménages : « 4,7 % de la population dépense annuellement 40 % de leur revenu pour les soins de santé, pour un seuil tolérable estimé entre 15 % et 20 % ».
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Pour inverser cette tendance, le rapport recommande au ministère de la Santé d’étendre la protection financière à l’ensemble de la population et d’y « intégrer le volet des indigents ». Il préconise également une rationalisation du cadre institutionnel de financement en évaluant l'intégralité des mécanismes existants, notamment la gratuité, les subventions, le budget de l'État, le financement basé sur les résultats (PBF), les assurances, les mutuelles de santé, ainsi que les dispositifs tels que les kits obstétricaux et le chèque santé.









