«Développer les infrastructures de transport et désenclaver les bassins de production, afin de renforcer l’approvisionnement des marchés et des industries ». C’est l’une des orientations économiques du chef de l’Etat camerounais à son gouvernement dans la circulaire relative à la préparation du budget de l’exercice 2025. Cette directive avait déjà été donnée par Paul Biya lors de la préparation du budget pour le compte de l’exercice en cours. Ce qui traduit le fait que l’enclavement des bassins agricoles demeure une préoccupation majeure pour le pilier de la zone Cemac.
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Pourtant, c’est une situation qui réduirait les opportunités de réussite du Plan intégré d’import substitution agro-pastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026 dont la mission principale est de produire en grande quantité pour approvisionner les marchés et limiter les importations car, en l’absence d’un bon réseau routier, il devient difficile d’écouler les marchandises vers les zones urbaines. « L’agriculture dans notre localité se pratique bien évidemment dans les zones difficiles d’accès en toutes saisons. La spéculation la plus répandue demeure l’igname. Aux côtés du maïs, cette denrée est principalement écoulée à Garoua Boulai à cause des difficultés à rallier Bertoua (chef-lieu de la région de l’Est). Cette difficulté réside, elle-même, en le très mauvais état du tronçon reliant les deux villes, la distance et le coût élevé du transport », se plaint un habitant de Garoua Boulai, localité située à l’Est Cameroun à la frontière avec la République Centrafricaine (RCA).
Cette situation est à l’image des chiffres révélés par le ministère des Travaux publics (Mintp) pour qui, le réseau routier en mauvais état s’est aggravé passant de 69,28% à fin décembre 2023 à 71,07% au 15 juillet 2024 soit une accentuation d’environ 1,8% en l’espace de 7 mois. En effet, sur un linéaire global de 121 873 km, cela représente 86 529,83 km de route en mauvais état sur 111 638, 06 km en terre majoritairement occupés par les routes communales et régionales abritant les grandes zones de production du pays. De plus, une enquête menée par le ministère de l’Economie auprès des chefs d’entreprises en décembre 2023 montre que 92% d’entre eux jugent mauvais l’état de la route.
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A l'Extrême-Nord, dans la région du Centre, le Sud, etc. nombreuses sont également les zones agricoles très souvent impraticables surtout en saison pluvieuse. Dans la région de l’Ouest par exemple, les travaux d’aménagement du bassin de production lancés il y a plusieurs années, n’ont toujours pas été livrés malgré les délais échus pour la majorité des lots. Pour sa part, le ministère des Travaux publics fonde sa défensive sur l’insuffisance des financements. Et pour réduire les coûts, le gouvernement envisage dans le cadre du Plan d’impulsion initiale (P2I) de construire une usine de bitume. Rappelons que d’après le Rapport d’exécution et de budgétisation de l’import-substitution annexé à la loi de finances initiale 2024, fait état d’un besoin de 217, 79 milliards de Fcfa pour désenclaver les routes communales sur l’ensemble des 10 régions du Cameroun. Objectif en voie d'être réalisé à deux mois de la fin de l'exercice?









