Depuis son adhésion au Forum mondial sur la transparence et l'échange de renseignements à des fins fiscales en 2012, le Cameroun a identifié 98,4 millions d'euros (64,5 milliards de FCFA) de recettes fiscales supplémentaires. Le dernier rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) révèle que plus de 20 millions d'euros ont été récupérés au cours des deux seuls derniers exercices, ces recettes passant de 7,7 millions d'euros en 2024 à 13,2 millions d'euros en 2025.
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Indiquons que le Forum mondial vise à aider les pays africains à tirer parti de la transparence fiscale et de l'échange de renseignements pour lutter contre les flux financiers illicites, réduire l'évasion fiscale et renforcer la mobilisation des ressources nationales. Les normes de transparence reposent notamment sur l'échange de renseignements sur demande, mais aussi sur l'échange automatique d'informations relatives aux comptes financiers et, à terme, aux transactions sur cryptoactifs.
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« En rejoignant le Forum mondial en 2012, le Cameroun cherchait non seulement à s'engager à mettre en œuvre les normes sur la transparence et l'échange d'informations, mais surtout à se doter des outils appropriés pour tirer parti des avancées de la coopération fiscale internationale dans la mobilisation de ses ressources nationales », souligne l'OCDE.
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Avec 1 463 demandes d'informations formulées entre 2009 et 2025, le pays de Paul Biya fait partie des administrations fiscales africaines les plus actives en matière de coopération internationale. Avec le Maroc, le Nigeria, l'Afrique du Sud, Maurice et l'Ouganda, il concentre 24 % des requêtes adressées par les pays africains, derrière la Tunisie (38 %) et le Kenya (29 %). Les sollicitations camerounaises se sont fortement accélérées, passant de 47 demandes en 2023 à 101 en 2024, puis 131 en 2025, offrant ainsi au fisc davantage de moyens pour détecter les revenus ou patrimoines dissimulés à l'étranger et lutter contre l'évasion fiscale.
1 500 fonctionnaires formés
Selon l'OCDE, l'adhésion au Forum mondial a permis au Cameroun d'engager plusieurs réformes majeures. Entre 2023 et 2025, plus de 1 500 agents de la Direction générale des impôts (DGI) ont été formés grâce au programme « Former le formateur », afin de renforcer la maîtrise des normes internationales. À cela s'ajoutent la création d'une unité opérationnelle d'échange d'informations au sein de la DGI et l'extension du réseau de coopération du Cameroun à plus de 150 juridictions, grâce à son adhésion à la Convention concernant l'assistance administrative mutuelle en matière fiscale, entrée en vigueur en octobre 2015.
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Le rapport relève également la mise en place d'objectifs de performance pour les agents chargés des échanges d'informations, d'un mécanisme d'incitation ainsi que d'un suivi systématique de l'impact de ces échanges sur la mobilisation des recettes fiscales.
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Pourtant, à l'échelle continentale, le bilan reste contrasté. La même source indique que l'Afrique ne représente encore que 3,1 % des 135 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires identifiées dans le monde entre 2009 et 2024 grâce aux normes de transparence fiscale, dont 48 milliards d'euros pour les seuls pays en développement. Le continent accélère néanmoins sa dynamique, puisque 62 % de ses gains historiques ont été enregistrés entre 2023 et 2024. Enfin, « seulement 39 % des membres africains du Forum mondial mesurent actuellement l'impact de l'échange d'informations sur la mobilisation des recettes », relève le rapport.
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