Le gouvernement camerounais a engagé des poursuites judiciaires contre plus de 100 sociétés impliquées dans l'exploitation illégale des ressources minières, a annoncé le ministre des Mines par intérim, Fuh Calistus Gentry, le 9 juin à Yaoundé lors du Salon de l'action gouvernementale (SAGO 2026). Les autorités n'ont pas précisé l'identité des entreprises concernées ni les juridictions saisies. Sollicité par EcoMatin, le ministère des Mines n'a pas donné suite à nos demandes d'informations complémentaires.
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Cette annonce intervient toutefois un mois après la publication par le ministère d'une liste non exhaustive de 216 sociétés opérant illégalement sur des sites aurifères artisanaux dans les régions de l'Est, de l'Adamaoua et du Sud. Ces entreprises, majoritairement détenues par des expatriés selon les autorités, étaient visées par une vaste opération d'assainissement de l'exploitation aurifère artisanale semi-mécanisée.
Jusqu'à 17 milliards de FCFA de recettes attendues
Au-delà du volet répressif, l'objectif affiché est de ramener ces opérateurs dans le secteur formel afin d'accroître les recettes publiques issues de l'exploitation minière, appelée à jouer un rôle croissant dans les finances de l'État face au déclin progressif des revenus pétroliers. Selon les estimations du ministère, la régularisation des 100 premiers sites concernés par les poursuites pourrait générer immédiatement 8,64 milliards de FCFA de recettes publiques. Ce montant pourrait atteindre 17,28 milliards de FCFA si 200 sites se conformaient aux exigences réglementaires et fiscales en vigueur.
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Parallèlement, 22 sociétés ont déjà engagé des démarches de mise en conformité administrative. Le dispositif de régularisation prévoit notamment le versement d'une caution environnementale de 63 millions de FCFA par site, le paiement d'un impôt synthétique minier libératoire de 25 %, des droits de sortie de 5 %, ainsi qu'une participation majoritaire de capitaux camerounais dans les entreprises autorisées à exploiter les sites.
Selon les projections officielles, les sociétés actuellement en cours de formalisation devraient produire au minimum 1 320 kilogrammes d'or par an. Sur ce volume, environ 380 kilogrammes devraient être collectés par la Société nationale des mines (Sonamines) au titre de l'impôt synthétique minier libératoire et des droits de sortie.

