Le 23 septembre à Libreville, après une réunion de concertation entre le ministre du Commerce, Marie Paulette Parfaite Amouyeme Ollame Epse Divassa Bofi, et le top management de la Société meunière et avicole du Gabon (SMAG), des « importations exceptionnelles » de farine ont été autorisées pour fournir le marché gabonais. Le gouvernement explique cette autorisation par le fait que, face à la crise énergétique qui règne actuellement dans le Grand-Libreville (Libreville, Owendo, Akanda...), il est devenu nécessaire de recourir aux importations pour faire face à la demande croissante du marché. L’on ne connaît pas la quantité de ces importations. Moins encore la durée.
En effet, suite à une alerte du syndicat des boulangers du Gabon quant à une éventuelle pénurie de farine, le ministre du Commerce a organisé une réunion avec la direction générale de la SMAG, la principale entreprise de production de farine au Gabon, qui représente 70 % de la production nationale. Au cours de cette réunion, des suggestions ont été formulées afin de compenser le manque de production provoqué par la crise énergétique dans le grand Libreville. Parmi les autres solutions arrêtées : l’augmentation du travail rotatif pour maintenir la production locale ; l’approvisionnement en énergie via la mise à disposition de deux groupes électrogènes.
La farine de blé est très populaire au Gabon, car elle est utilisée pour la fabrication du pain et de pratiquement tous les produits alimentaires dans les boulangeries et autres industries agroalimentaires. L'absence de cette farine sur le marché entraînerait en réalité une augmentation des produits dérivés. Ce que le gouvernement ne souhaite pas dans un contexte de crise énergétique qui crée déjà des tensions au sein des populations.
Depuis des années, les autorités gabonaises ont lancé une réflexion pour le développement des farines locales afin de ne plus dépendre de la farine de blé. Les résultats de ces réflexions restent attendus. Cependant, l'utilisation de farines locales pour la fabrication de baquettes de pain permettra de diminuer la dépendance du Gabon envers l'extérieur et d'améliorer les revenus des acteurs des chaînes de valeur du manioc. Selon le directeur national du programme de recherche Wave (West and central African virus epidemiology), le Pr Jean François Mavoungou, plus de 80% de la population consomme déjà ce tubercule.
Les farines locales ont déjà été utilisées dans la production de pain dans des pays tels que le Cameroun, le Niger ou encore la Côte d'Ivoire. Par exemple, au Niger, des boulangers ont essayé de produire du "pain composé" en utilisant du blé et des farines locales (niébé, mil, sorgho). Le pain est fabriqué en Côte d'Ivoire avec 85 % de farine de blé et 15 % de farine de maïs ou de manioc. De jeunes entrepreneurs au Cameroun ont également tenté de fabriquer du pain à partir de plantain, de manioc ou encore de patate douce. Toutefois, ces pains restent peu accessibles aux consommateurs.
La SMAG importe environ 90 000 tonnes de blé par an au Gabon et produit environ 72 000 tonnes de farine - 400 tonnes par jour - dans son usine à Libreville, ce qui couvre la majorité de la demande gabonaise de farine, qui s'élève à environ 75 000 tonnes par an. Cependant, en raison du manque d'électricité, cette entreprise ne peut plus réaliser cette production. D'où le recours des importations.








