Genmin Limited, compagnie minière australienne qui détient le permis d’exploitation du gisement de fer de Baniaka au sud-est du Gabon, a annoncé le 1er décembre 2025, la signature d’une lettre d’intention avec Sino-Hunan International Engineering and Development (SHICO), entreprise publique chinoise. Cet accord, qui matérialise le passage de la phase exploratoire à la phase de négociation sérieuse et exclusive entre les deux parties, vise à sécuriser le financement de l’exploitation et l’approvisionnement du minerai de fer gabonais à l’Etat chinois.
« SHICO exprime son intention de devenir un participant clé au projet et un partenaire d'enlèvement dans le développement du projet phare de minerai de fer de la Société, Baniaka », indique Genmin dans son communiqué, précisant que cet accord ouvre la voie à une prise de participation dans son capital.
Selon les termes de la lettre d’intention, SHICO prévoit de mobiliser ou de procurer 60 % du financement nécessaire au démarrage de l'exploitation commerciale du projet évalué à 250 millions USD (141 milliards FCFA). Soit 150 millions $ (environ 91,5 milliards FCFA) tandis que Genmin devra réunir les 40 % restants. Les deux partenaires conviennent également d’explorer plusieurs options de structuration, incluant un investissement en fonds propres. L’accord prévoit en outre l’intégration des capacités techniques et logistiques chinoises — ingénierie, fabrication, chaîne d’approvisionnement — pour accélérer un développement rentable du site. SHICO se réserve aussi la possibilité de conclure, sous conditions de prix, un contrat d’achat de minerai de fer sur cinq ans.
Lire aussi : Gabon : PowerChina affine le projet de fer de Baniaka pour réduire les coûts d’investissement
Cette entrée de l’entreprise d’État chinoise devrait consolider le financement de la première phase d’exploitation annoncée par Genmin, qui vise désormais une production initiale de 5 millions de tonnes par an, environ deux millions de tonnes de plus par rapports aux capacités de trois millions précédemment prévus en 2024. Le projet dispose actuellement d’une ressource confirmée de 758,7 millions de tonnes de fer à 36,7 % de teneur, avec une montée en puissance d’extraction envisagée au-delà de 5 millions de tonnes à travers un plan stratégique de dix ans. Les deux parties prévoient, dans les prochains jours, la conclusion d’un mémorandum d’entente contraignant pour formaliser les mécanismes de financement, les modalités EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) et les arrangements de procurement chinois.
Cette avancée marque une étape supplémentaire dans l’implication croissante d’acteurs chinois sur Baniaka. En avril 2025, Genmin avait déjà signé un accord contraignant avec Sinohydro, chargé des travaux d’ingénierie et de construction du projet. Par ailleurs, le partenaire Power China mène des études pour optimiser les coûts d’investissement en vue d’un lancement de la production fin 2026. Avec ces soutiens, Baniaka s’affirme comme le futur premier pôle ferrifère industriel du Gabon, appelé à atteindre une capacité d’au moins 10 millions de tonnes par an à moyen terme.
Lire aussi : Gabon : Genmin attire des investissements américains sur le fer de Baniaka

