La note de conjoncture sectorielle est disponible depuis la semaine dernière. Le document, produit par la Direction générale de l'économie et de la politique fiscale (DGEPF) que dirige Jean-Baptiste Ngolo Allini, dresse l'état de l'économie gabonaise sur la période du 1er janvier au 31 mars 2026. Un premier trimestre peu reluisant pour le secteur pétrolier, notamment pour la branche raffinerie du pays.
La note indique qu'au terme du premier trimestre 2026, l'activité de raffinage de carburant a enregistré un fléchissement de 1,7 % par rapport au trimestre précédent, où elle avait progressé de 14,9 %, et un recul de 15,2 % en glissement annuel. Ce repli est principalement imputable à des contraintes d'approvisionnement en matières premières, qui ont limité les performances industrielles de l’usine. Les activités extractives ont enregistré une contraction de 2,9 % sur la période, en lien avec un repli du pétrole (-4,0 %).
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Plusieurs autres raisons expliquent la baisse d'activité de la Société gabonaise de raffinage (Sogara), l'unique raffinerie en activité du pays, située à Port-Gentil. La Sogara serait à court de brut, faute d'un approvisionnement suffisant en pétrole; un paradoxe pour un pays qui reste pourtant producteur et exportateur de pétrole brut. Selon plusieurs sources, les opérateurs pétroliers privilégient l'exportation directe du brut, jugée plus rentable sur les marchés internationaux.
Autre facteur aggravant : le manque d'énergie électrique. La production électrique s'est affaissée de 13,2 %, provoquant d'importants délestages à travers le pays, en raison d'avaries répétées et d'un manque criant de maintenance des centrales, déplore la même note de conjoncture sectorielle. À cela s'ajoute la vétusté des installations de la raffinerie : l'outil industriel de la Sogara souffre du vieillissement de ses équipements, ce qui limite ses performances.
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Pénuries
Les Gabonais peuvent toutefois se satisfaire que les tarifs à la pompe n'aient pas changé, en dépit de cette baisse d'activité à la Sogara. Le litre de Super est à 595 FCFA, le gasoil (diesel) à 575 FCFA et le pétrole lampant à 450 FCFA. Ce ralentissement de l'appareil productif se répercute directement sur les ménages, provoquant de fortes tensions d'approvisionnement et des pénuries répétées de gaz de pétrole liquéfié (GPL) dans le Grand Libreville.
L'autre conséquence, moins directement ressentie par les ménages, est la dépendance croissante aux importations. L'État se voit contraint d'importer massivement des produits raffinés (carburants blancs, gasoil), accentuant le paradoxe d'un pays producteur mais dépendant de l'extérieur.
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Le Gabon, comme le Cameroun, n'arrive pas à bien raffiner son pétrole brut. C'est dans cette optique qu'il compte acquérir un hydrocraqueur afin de traiter efficacement le brut local et de réduire la dépendance du pays aux importations de carburants raffinés. Créée en 1965 et mise en service en 1967, la Sogara transforme le pétrole brut (notamment le brut Rabi Light) en produits finis pour le marché local.












